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mardi 7 mars 2006
Le Martyre des saintes Félicité et Perpétue
Publié par Muhend-Christophe Bibb le mardi 7 mars 2006 / 10:21 :: 19336 Vues ::Article Rating:: Témoignages, La période chrétienne: I-IX siècles de notre ère

L’auteur anonyme, mais certainement témoin oculaire, continue ainsi :
« Dieu avait hâté la fin de Secundulus en le rappelant de ce monde quand il était encore en prison. Il lui avait épargné la dent des bêtes, sinon dans son âme, du moins dans sa chair.
Félicité vit, elle aussi, se manifester en sa faveur la grâce divine. Enceinte lors de son arrestation, elle l’était dès lors de huit mois. Le jour des jeux approchant, elle se désolait à la pensée qu’on ajournerait son martyre, la loi interdisant l’exécution d’une femme enceinte. Elle redoutait d’avoir à verser plus tard son sang très pur avec celui des criminels de droit commun. 
Ses compagnons de martyre étaient, eux aussi, tout tristes à la pensée de laisser cette bonne compagne de voyage seule sur le chemin de l’espérance. Le troisième jour avant les jeux, tous s’unirent dans une supplication commune et adressèrent une prière au Seigneur. Aussitôt après cette prière, les douleurs de l’enfantement prirent Félicité.
Ainsi qu’il arrive dans les délivrances au huitième mois, elle ressentit de vives douleurs. Comme elle gémissait, un des geôliers lui dit :
« - Si tu gémis ainsi maintenant, que feras-tu quand tu seras livrée aux bêtes que tu as bravées cependant en refusant de sacrifier ? »
Félicité répondit :
« - Maintenant, c’est moi qui souffre ; mais là-bas, il y en aura un autre en moi qui souffrira pour moi, parce que, moi aussi, je dois souffrir pour Lui. »
Félicité mit au monde une fille qu’une chrétienne adopta pour l’élever comme sa fille.
[……………………]
Le tribun traitait durement les condamnés. Prévenu par des gens ignorants et crédules, il craignait que les prisonniers ne pussent s’échapper par quelque sortilège.
Perpétue lui jeta cette apostrophe à la face :
« - Pourquoi, ne nous permets-tu pas de nous réconforter, nous, de si nobles condamnés qui devons combattre pour la fête de César ? N’y va-t-il pas de ta gloire de nous faire paraître bien gras dans l’arène ? »
Déconcerté, le tribun rougit. Il ordonna de traiter les prisonniers plus humainement. Dès lors, les frères de Perpétue et tous ceux qui s’intéressaient aux condamnés purent les visiter, les réconforter et leur rendre divers services. Et cela d’autant mieux que le chef de la prison, s’était lui-même converti.
La veille des jeux eut lieu le dernier repas des condamnés, ce « repas libre » dont les martyrs faisaient des agapes. Avec la même fermeté, les condamnés s’adressaient aux spectateurs, les menaçant du jugement de Dieu, raillant leur curiosité ou bien exaltant leur propre bonheur d’être appelés à confesser leur foi.
Saturus dit à la foule :
« - La journée de demain ne vous suffit pas ? […] Regardez bien nos visages pour nous reconnaître au jour du jugement dernier. »
Les curieux sortaient de là frappés de stupeur. Beaucoup de païens devinrent des croyants.
Enfin brilla pour les martyrs le jour de la victoire. Quittant la prison, ils entrèrent dans l’amphithéâtre comme s’ils entraient dans le ciel. Ils étaient beaux, leurs visages rayonnaient ; s’ils étaient émus, c’était non de crainte, mais de joie.
Perpétue, seule, la dernière, s’avançait d’un pas tranquille, comme une matrone du Christ ; les spectateurs baissaient les yeux devant l’éclat de son regard.
Félicité, ravie de son heureuse délivrance qui lui permettait de combattre en ces jeux, était avide de se purifier par ce second baptême.
Arrivés à la porte de l’arène, on voulut les forcer de revêtir des costumes sacrilèges : celui des prêtres de Saturne pour les hommes, celui des prêtresses de Cérès pour les femmes. Mais ils résistèrent avec une invincible fermeté.
« - Si nous sommes venus ici de notre plein gré, c’est pour garder entière notre liberté. Si nous avons sacrifié notre vie, c’est pour n’avoir pas à consentir à certaines choses. C’est le seul pacte conclu entre nous. »
Enfin le tribun céda et consentit à leur laisser garder leurs habits.
Perpétue chantait des psaumes ; Révocatus, Saturninus et Saturus menaçaient les spectateurs de la vengeance divine.
Quand ils arrivèrent devant la tribune d’Hilarianus, ils lui dirent :
« - Tu nous juges, mais Dieu te jugera. »
Alors le peuple exaspéré demanda qu’on les fît fouetter par les belluaires rangés en file et armés de fouets. Les martyrs rendirent grâce de cette flagellation qui les associait en quelque sorte aux souffrances de la passion du Christ.

À l’ouverture des jeux, Révocatus et Saturninus furent attaqués par un léopard ; ils furent ensuite, sur l’estrade, déchirés par un ours.
Saturus est présenté d’abord à un sanglier ; mais la bête, au lieu d’attaquer le martyr enchaîné, se jeta sur le belluaire et l’éventra ; cet homme mourut, deux jours après, de sa blessure. Saturus fut simplement traîné sur le sable par le léopard. On l’attacha ensuite sur l’estrade pour le livrer à un ours ; mais on ne put obliger l’ours à sortir de sa fosse, si bien que, pour la seconde fois, Saturus fut emmené sans blessure.
On avait réservé pour les jeunes femmes une vache furieuse, à l’instigation du Démon sans doute, cette bête ne paraissant jamais dans les jeux.
On les dépouilla de leurs vêtements, on les enveloppa dans des filets, et on les amena ainsi. Le peuple fut saisi de honte à la vue de ces femmes dont l’une était si délicate et dont l’autre, récemment délivrée, perdait le lait de ses seins. On dut les emmener et on leur fit revêtir des tuniques sans ceinture.
À peine rentrée dans l’arène, Perpétue fut lancée en l’air par la vache ; elle retomba sur le dos. Dans sa chute la tunique s’était largement fendue ; aussitôt elle en rapprocha les lambeaux afin de se couvrir les jambes, plus attentive à la pudeur qu’à la douleur. Puis, s’apercevant que sa chevelure s’était dénouée, elle rattache l’agrafe qui la retenait, une martyre ne devant pas avoir les cheveux épars en mourant, elle aurait l’air d’être en deuil dans sa gloire.
En se relevant, elle aperçoit Félicité qui gisait comme brisée ; elle s’approche d’elle, lui tend la main et l’aide à se mettre debout. En les voyant ainsi debout toutes deux, l’inhumanité du peuple fut vaincue. Il poussa des clameurs de compassion. On les fit sortir par la porte des vivants.
À sa sortie de l’amphithéâtre, Perpétue fut accueillie par un catéchumène, nommé Rusticus, qui lui était fort attaché. Elle semblait sortir d’un profond sommeil, tant avait été complète l’extase où le Seigneur l’avait ravie. Elle regardait autour d’elle et, à la stupeur générale, elle demanda :
« - Quand donc va-t-on nous exposer à cette vache furieuse ? »
Comme on lui disait que la chose avait eu lieu, elle ne voulut pas le croire avant d’avoir constaté sur son corps et sa tunique les traces de son supplice. Elle appela alors son frère et Rusticus et leur dit :
« - Soyez fermes dans la foi. Aimez-vous les uns les autres, et que notre passion ne soit pas pour vous un sujet de scandale. »
Saturus avait été amené à une autre porte. Il exhortait le soldat Pudens : « Tu le vois, comme je l’espérais et le prédisais, je n’ai été touché jusqu’ici par aucune bête. Crois donc, maintenant, crois de toute ton âme. Voici que, d’un seul coup de dent, je vais être blessé à mort par ce léopard que tu vois là-bas.
À l’instant même, pour clore les jeux, on lance ce léopard contre Saturus. D’un seul coup de dent, le martyr est couvert de tant de sang que la foule se mit à crier, par allusion à ce second baptême :
« - Ah ! Le bon bain ! Il est bien lavé ! Le voilà sauvé ! »
Alors, Saturus dit au soldat Pudens :
« - Adieu, souviens-toi de moi. Que ce spectacle ne t’ébranle pas, mais te fortifie. »
Puis il lui demanda son anneau, le trempa dans le sang de sa blessure et le lui rendit, lui laissant ainsi en héritage le gage et le souvenir de sa mort.
Le martyr s’évanouit ; on l’étendit à terre pour l’égorger avec les autres dans le spoliaire.
Mais le peuple demanda qu’on ramenât les chrétiens au milieu de l’arène pour assister au spectacle du glaive s’enfonçant dans les corps et rendre ainsi ses yeux complices de l’homicide.
Les martyrs se levèrent et se rendirent où le voulait le peuple. Là ils se donnèrent mutuellement le baiser de paix pour consommer leur martyre selon le rite de la foi. Puis ils restèrent immobiles et reçurent en silence le coup mortel.
Saturus qui, dans sa vision, était monté le premier à l’échelle, fut frappé le premier, et rendit l’âme pour aller, encore comme dans la vision, attendre Perpétue.
Cette fois, Perpétue ne fut pas épargnée par la souffrance. Frappée d’un coup qui glissa entre les côtes, elle poussa un grand cri ; puis saisissant la main tremblante du gladiateur maladroit, elle la dirigea elle-même sur sa gorge où elle appuya le glaive. »

Le rédacteur conclut sa relation par cette prière : 
" Ô TRES VAILLANTS ET BIENHEUREUX MARTYRS !
Ô TEMOINS VRAIMENT APPELES ET ELUS POUR GLORIFIER NOTRE-SEIGNEUR JESUS-CHRIST !
CELUI QUI LE LOUE ET L’HONORE ET L’ADORE DOIT PRENDRE CONNAISSANCE DE CES NOUVEAUX TEMOIGNAGES, EGAUX A CEUX D’AUTREFOIS POUR L’EDIFICATION DE L’EGLISE.
CES MANIFESTATIONS NOUVELLES ATTESTENT, ELLES AUSSI, QUE, TOUJOURS UN ET LE MÊME, L’ESPRIT-SAINT CONTINUE D’OPERER DE NOS JOURS ; ET, AVEC LUI , DIEU LE PÈRE TOUT-PUISSANT, ET SON FILS JESUS-CHRIST NOTRE SEIGNEUR, À QUI SONT LA GLOIRE, ET LA SOUVERAINE PUISSANCE DANS LES SIÈCLES DES SIÈCLES. AMEN"

« L’exemple qu’elles ont donné de la force chrétienne est, dit saint Augustin, à lui seul, une victoire qui assure le triomphe de la foi de Jésus-Christ sur la terre d’Afrique. »
Aujurd’hui il dirait « sur la terre d’Algérie ».
Et nous le disons avec lui !

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