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EXPRESSION/AWAL

Ce site a été conçu dés le départ dans le but de donner la parole aux convertis venus des traditions musulmanes, qui ont forcément un point de vue différent sur la religion qu'ils ont quittée pour adhérer à Jésus Christ et à Sa Bonne Nouvelle (Èvangile signifiant cela). Toutefois les hérétiques qui s'ingénient à concilier la foi islamique et la foi chrétienne nous évitent, et nous sont même hostiles parce que nous déclarons qu'il faut abjurer l'islam pour être chrétien.

Jésus est venu pour NOUS SAUVER, nous libérer. Mais de quoi? Des ténèbres et du péché, pour faire de nous ses frères et des enfants de Dieu. Assurément la doctrine islamique s'est constituée dés le début contre la Rédemption et ne veut pas entendre parler du Dieu d'Amour. Alors disons-le à tous, car c'est là notre foi : le Christ revient dans la gloire pour juger les vivants et les morts, y compris Mahomet.

Celui qui a entendu prêcher l'Evangile et ne confesse pas que Jésus est Seigneur et Fils de Dieu n'est pas son disciple et goûtera à la colère de Dieu: c'est l'Ecriture qui le dit pas le fondateur de ce site. Quant à ceux, prêtres ou simples baptisés, qui renient le Christ devant les hommes, nous savons ce que Jésus en dit: Lc 12, 8-9

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jeudi 24 octobre 2013
Liberté religieuse, sanction de l'apostasie, "islamophobie", liberté d'expression
Publié par Christian Mira le jeudi 24 octobre 2013 / 05:34 :: 7614 Vues ::Article Rating:: Expression - Awal

Le congrès annuel "Human Dimension Implementation Meeting 2013", consacré aux droits de l'homme et à la démocratie, est coordonné par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Dans ce cadre, l'abbé Pagès a posé le problème de la liberté religieuse, et a demandé que l’État français exige l’inscription du droit à changer de religion dans la charte des organisations musulmanes de France. 

Du côté des organisations musulmanes européennes, Bashy Quraishy, le représentant de l'European Muslim Initiative for Social Cohesion (EMISCO), a dénoncé une amplification de " la haine et la propagande contre l'islam et les musulmans en Occident". Parallèlement, dans une très courte intervention, suivant la communication de l'abbé Pagès, le représentant de la France auprès de l'OSCE s'est dit préoccupé "par les nombreuses attaques verbales portées dans cette enceinte contre la religion musulmane".

Les institutions islamiques ont ainsi réussi à imprégner un large public de l'idée que toute critique de l'islam est un acte de haine raciste dirigé contre les musulmans. Ce serait alors le cas de Tawfik Hamid, américain d'origine égyptienne, ancien membre du groupe islamique radical Jamma Islamiya, Senior Fellow au Potomac Institute for Policy Studies, quand il déclare : "J’admets que l’enseignement actuel prodigué dans nos écoles et dans nos mosquées crée la violence et la haine contre les non-Musulmans. Nous autres Musulmans nous avons besoin de changer notre perception du monde.  A ce jour, nous acceptons la polygamie, les raclées données aux femmes par les hommes et le meurtre de ceux qui quittent notre religion, par apostasie. Nous n’avons jamais eu de principes affirmés et clairs contre l’esclavage ou les guerres, contre le prosélytisme et la conversion forcée à l’Islam des non croyants, contre la taxe obligatoire de ceux qui se soumettent à notre religion (jizia). Nous demandons sans cesse aux autres de respecter notre religion, alors qu’en permanence nous maudissons à haute voix les non Musulmans, lors de nos prières le vendredi à la mosquée. […]".(LIRE).

Il faut noter que la question de l'apostasie en islam, abordée par l'Abbé Pagès, est une source de vives inquiétudes chez les ex-musulmans, qui se sentent menacés même en Occident. En Belgique, ils ont créé le "Mouvement des Apostats Belges de l'Islam", avec un site http://www.exmusulman.org/index.html Tout un chapitre de ce site est consacré à une étude détaillée de la théologie de l'apostasie, et à ses aspects historiques (LIRE). Il débute en disant que "C'est un sujet qui irrite très vivement les musulmans. Dans le meilleur des cas, ils essaient de le nier, ou de le minimiser. Quand ils sont à bout d'arguments, ils accusent d'islamophobie, de haine envers les musulmans, de racisme etc. tous ceux qui évoquent cette doctrine". Un paragraphe ("Comment explique-t-on cela "en Occident ?") de ce chapitre décrit (LIRE) les artifices de la taqqiya (dissimulation légale en dar al Harb, la terre de la guerre, i.e. "hors charia") (VOIR) utilisés par les leaders musulmans en terre non musulmane pour tromper leurs interlocuteurs. Dans sa page d'accueil (colonne droite) le site du "Mouvement des Apostats Belges de l'Islam" donne le texte d'un communiqué de presse qui rejoint la demande l'abbé Pagès: "[…] Comme vous le savez peut-être, l'Islam prévoit, selon toutes les grandes écoles de loi islamique, la peine de mort pour apostasie. Ainsi, les apostats subissent une grande pression dans les pays musulmans et dans les pays non-musulmans avec une présence musulmane importante. Nous demandons donc au gouvernement de garantir la liberté de religion y compris la liberté et la sécurité des musulmans qui renoncent à l'Islam. À cet égard, nous demandons un interlocuteur auprès de la sûreté de l'État Belge. […]".

Parallèlement, pour les institutions islamiques, et une part importante des médias, ceux qui sont blâmés comme "islamophobes" le sont essentiellement pour leur association "islam-islamisme". A ce sujet, dans un article intitulé Les violences antichrétiennes et le silence des musulmans "modérés", le site "AsiaNews" (agence de presse officielle de l'Institut Pontifical des Missions Étrangères) pose une question importante: pourquoi en occident les associations et institutions musulmanes modérées ne protestent jamais pour condamner les violences antichrétiennes, dont celles qui touchent les apostats en terre d'islam? (LIRE)

Cet article analyse les différents éléments associés à son titre : liberté religieuse, sanction de l'apostasie, "islamophobie", liberté d'expression..

 

- 1 Intervention de l'abbé Guy Pagès au congrès "Human Dimension Implementation Meeting" 2013

Le "Human Dimension Implementation Meeting" est un congrès consacré aux droits de l'homme et à la démocratie, qui se tient annuellement à Varsovie (CF. DÉTAILS). Il est coordonné par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), et s'est tenu cette année du 23 septembre au 4 octobre. Dans le cadre de la session "Liberté religieuse et de croyance", l'abbé Pagès a parlé du droit de changer de religion, reconnu par la "Déclaration Universelle des Droits de l'Homme" (assemblée générale de l'ONU, palais de Chaillot, Paris, 10 décembre 1948), mais refusé par l'islam.

- 1.1 Texte de la communication de l'abbé Guy Pagès

"Les responsables de la chose publique devraient considérer que si l’acte de foi suppose la liberté, en sorte que le droit à la liberté religieuse persiste même en ceux qui ne satisfont pas à l’obligation de chercher ou d’adhérer à la vérité pourvu, certes, que soit préservé l’ordre public juste, ce droit est cependant donné pour que les hommes adhèrent à la Vérité, et non pas parce qu’ils y adhèrent, pour qu’ils agissent selon leur conscience, et non pas parce qu’ils agissent selon leur conscience. C’est bien parce que la liberté n’est pas le droit de faire n’importe quoi, même sous prétexte de religion, mais le pouvoir de choisir le bien (Jn 8.35-36), que l’autorité publique a le devoir et le pouvoir de déterminer les limites de la liberté religieuse, par des règles juridiques conformes aux exigences du bien commun et de l’ordre moral objectif (CEC n°2109). Si donc il n’y a pas de liberté sans relation à la Vérité, le droit à la liberté religieuse peut-il être seulement l’exemption de contrainte pour agir ou non selon sa conscience, ou bien implique t-il aussi le droit à n’être pas trompé ? A ce sujet, je voudrais réfuter les affirmations du distingué représentant de l’EMISCO : il n’y a jamais eu ici d’attaque contre des personnes, mais seulement le souci de dénoncer les enseignements incitant à la violence sous un prétexte religieux.

"Salut et Miséricorde" voudrait attirer l’attention sur le fait que l’islam est un projet politique qui, ne distinguant pas l’ordre temporel de l’ordre spirituel, est contraire à la laïcité, et que d’autre part et en conséquence l’Occident ne peut pas accepter le développement de l’islam sans rejeter son identité issue de l’accueil de la Parole du Christ : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mc 12.17). Or, nous constatons actuellement en France une perversion de la laïcité. Ainsi, M. Peillon, Ministre de l’Éducation nationale, ne cache pas sa haine de l’Église, jusqu’à prétendre se servir de son autorité pour créer une nouvelle religion qui arrache du cœur des enfants la religion de leurs parents. Un tag sur la porte d’une mosquée suscite les réactions indignées du Gouvernement, mais des dizaines de profanations d’églises ne font de sa part l’objet d’aucune considération. On interdit la crèche et le sapin de Noël dans l’espace public, mais on célèbre officiellement et partout la fin du ramadan. Logique si bien exprimée par le Maire de Strasbourg : « Nous servons de la viande halal par respect pour la diversité, mais pas de poisson le vendredi par respect pour la laïcité » (11.04.11). La loi de séparation de l’Église et de l’État est de plus en plus ouvertement bafouée par le financement public de la construction de mosquées. Et puisque ce matin le distingué représentant de la France n’a pas répondu, nous réitérons notre demande, devant vous tous, distingués défenseurs de la liberté religieuse, de voir l’État français exiger de toutes les organisations musulmanes présentes sur le sol national l’inscription dans leur charte du droit à changer de religion, où à défaut leur dissolution. Je vous remercie de votre attention".

Texte : LIRE. Vidéo : VOIR

-1.2 Notes sur les citations de l'Abbé Pagès

La communication de l'Abbé Pagès à la session "Liberté religieuse et de croyance" était limitée à trois minutes, ce qui ne permettait pas d'expliquer en quoi un musulman n'a pas le droit de changer de religion. En outre, cette communication se réfère à des interventions précédentes, d'où la nécessité d'explications complémentaires.

- a) Islam et apostasie

Pour l'islam, l'apostasie est le sommet des crimes, car véritable trahison de l'oumma (la "communauté", ici au sens de nation). Elle est essentiellement condamnée par deux hadiths (paroles du Prophète).

     - Le premier énonce la sanction : "Celui qui abandonne sa religion islamique, tuez-le." (Sahih al-Bukhari Volume 4, Livre 52, Numéro 260).

     - Le second prophétise une époque d'amplification de l'apostasie, et précise que tout "fidèle", se faisant juge et bourreau, aura une récompense dans l'au-delà : "J’ai entendu le prophète dire, “à la fin des temps, apparaîtront des jeunes gens aux idées folles. Ils parleront bien, mais ils sortiront de l’islam comme une flèche sort de son jeu, leur foi ne dépassera pas leur gorge. Ainsi, partout où vous les trouvez, tuez les, il y’aura une récompense pour ceux qui les tueront au jour de la résurrection." (Sahih al-Bukhari Volume 6, livre 61, Numéro 577).

 Bien que cette sanction ne figure pas explicitement dans le Coran, il faut savoir que ces hadiths jouissent de la plus grande autorité. En effet, parmi les recueils de hadiths, six sont considérés comme authentiques (sahih) chez les sunnites, on les appelle les six sahîh (al-sihah al-sitta), la chaîne des témoins ayant été reconnue comme irréprochable. Avec le Coran et la Sirah (biographie de Mahomet), ces recueils appartiennent aux livres canoniques de l'islam. Deux des six recueils sont considérés comme "excellents": le sahih d'Al Boukari  et le sahih de Muslim. C'est cette "excellence" du Sahih al-Bukhari qui a permis de faire figurer la sanction de l'apostasie dans la constitution de certains pays musulmans. Ainsi l'article 306 de la Constitution de Mauritanie dit : "Chaque Musulman coupable du crime d'apostasie, soit par mot ou par action, sera invité à se repentir sur une période de trois jours. S'il ne se repent pas dans cette limite du temps, il sera condamné à mort comme un apostat et sa propriété sera confisquée par la Trésorerie."

Commentant le "Recueil de fatwas", série n°1 de Youssouf Al Qaradawi (préface et commentaire de Tariq Ramadan, Tawhid, 2002), le livre "L'islam en France" (Presses Universitaires de France, 2004) nous informe (pages 24-25) que le "Conseil européen de la fatwa et de la recherche" (VOIR) demande aux musulmans vivant en Europe "d’œuvrer inlassablement en vue d’obtenir des pays dans lesquels ils résident la reconnaissance de l’islam en tant que religion, ainsi que l’exercice – pour les musulmans en tant que minorité religieuse à l’instar des autres minorités religieuses – de tous leurs droits relatifs à l’organisation de leur statut personnel en matière de mariage, de divorce et d’héritage. Il justifie ainsi la condamnation à mort pour celui qui “affiche son apostasie” : “Sa mort vise en fait à protéger la religion et la société [il faut entendre : l'Oumma, i.e. la communauté des musulmans] de ses méfaits. [...] Les intérêts de l’État et de la société [l'Oumma] prévalent sur l’intérêt individuel personnel. Cette question est en vérité similaire à ce que les lois modernes qualifient de “haute trahison”, à la suite des préjudices qui en découlent pour l’intérêt général".

C'est en tenant compte de cette recommandation du "Conseil européen de la fatwa et de la recherche" que l'Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) a refusé de signer la première version de la charte de la Consultation, mise en place par le ministre de l'intérieur Jean-Pierre Chevènement (1997-2000), pour créer une instance représentative de l’islam. Cette version mentionnait le droit de changer de religion, ce qui a été considéré comme "inutile et blessant" (déclaration d’Alain Billon, collaborateur du ministre, chargé de l'islam). Le ministre s'est exécuté en retirant l'article. A ce sujet voir le DOCUMENT.

Dans sa communication l'abbé Pagès réitère la demande d'inscription du droit à changer de religion dans la charte de toutes les organisations musulmanes présentes sur le sol national. Ce type de demande est d'ailleurs relayé par de nombreux ex-musulmans, vivant sous la menace de la sanction de l'apostasie. Le "Mouvement des Apostats Belges de l'Islam" a ainsi consacré tout un chapitre de son site à une étude détaillée de la théologie de l'apostasie, et à ses aspects historiques (LIRE), Le site d'Ali Sina (VOIR) se penche aussi sur cette question.

- b) Intervention du représentant de la France auprès de l’OSCE

Le représentant de la France est intervenu en deux temps.

- (i) D'abord dans le cadre de la session "Tolérance et non-discrimination II" en disant en particulier que : "La France est particulièrement préoccupée par la montée des intolérances, du racisme et des discriminations dans l’espace OSCE, ainsi que par les actes de violence commis sur ces motifs, y compris dans notre pays. Tous ces mouvements haineux, qu’ils soient racistes, antisémites, antimusulmans, homophobes, sont contraires à toutes les valeurs des droits de l’homme et sont germes de conflits. Ils doivent être combattus avec détermination et efficacité" (LIRE). On peut noter que les très nombreux actes antichrétiens qui vont en s'amplifiant d'années en années (destructions, incendies, et profanations dans les églises, cimetières, etc.) ne sont pas mentionnés. Pourtant ils surpassent de loin tous les "mouvements haineux, qu’ils soient racistes, antisémites, antimusulmans, homophobes", comme l'indique le bilan 2012 : 96 actes antichrétiens en France, dont 52 profanations, et vandalismes dans les églises, 21 profanations de cimetières, 6 destructions de crèches de Noël, 6 destructions de monuments à référence chrétienne, 5 célébrations liturgiques interrompues, 5 atteintes aux personnes, 1 atteinte aux biens (VOIR le détail).

- (ii) Le représentant de la France est aussi intervenu dans ce qui semble une courte réponse à la communication de l'abbé Pagès : "Pour répondre à d'autres orateurs, nous sommes préoccupés par les nombreuses attaques verbales portées dans cette enceinte contre la religion musulmane" (voir la fin de la VIDEO).

- c) La communication "Salut et Miséricorde"

"Salut et Miséricorde" est l'une des communications de la session "Libertés fondamentales II". Le texte est disponible via le lien http://www.osce.org/fr/odihr/106886. Elle commence ainsi :" Mesdames et Messieurs, je m’interroge sur la possibilité pour la société civile à vouloir la protection des droits humains et en même temps à accepter la diffusion d’un enseignement pour lequel les hommes et les femmes ne sont pas égaux (4.38), les musulmans supérieurs aux autres hommes (3.139), et l’esclavage de droit divin (4.3,24,25,36,92 ; 16.71,75,76 ; 30.28)". L'intervenant conclue ainsi: "Salut et Miséricorde demande à l’OSCE d’attirer l’attention des États sur le danger que représente l’enseignement de l’islam pour l’avenir des droits de l’homme en Europe".

- d) La communication de l'European Muslim Initiative for Social Cohesion

 L'European Muslim Initiative for Social Cohesion (EMISCO)possède un site (http://www.emisco.com/). Cet office se définit comme une ONG (Organisation Non Gouvernementale) dans la rubrique (ABOUT US) du site. Son action est essentiellement centrée sur le combat contre l'islamophobie assimilée au racisme. Dans le cadre du congrès "Human Dimension Implementation Meeting", la communication de l'EMISCO (Working session 2: Tolerance and non-discrimination II) est donnée par le lien http://www.osce.org/odihr/105461. Le secrétaire général de EMISCO, Bashy Quraishy, a aussi réagi aux déclarations "anti-Islam" de certaines ONG européennes (lors des séances plénières de l'OSCE) qu'il qualifie "islamophobes". Il a rappelé aux délégués que les sessions de l'OSCE n'ont pas pour objet de dénigrer l'islam, le judaïsme ou le christianisme. Son discours a été fortement soutenu par les représentants des États-Unis, la France, la Turquie et de nombreuses ONG internationales, qui s'inquiètent de la tendance croissante de l'utilisation de l'OSCE en tant que plate-forme de propagande contre l'islam et les musulmans (CF. LA VIDÉO)

- 2 Islamophobie, stigmatisation des musulmans, et liberté de critiquer les religions

- 2.1 Au sujet de la courte intervention du représentant de la France

Dans sa courte intervention, le représentant de la France auprès de l'OSCE s'est dit préoccupé "par les nombreuses attaques verbales portées dans cette enceinte contre la religion musulmane" (cf. plus haut le § 1.2. b). Venant d'un très haut fonctionnaire français, délégué par un gouvernement, dont le ministre de l'Éducation Nationale est connu pour ses attaques verbales et écrites contre la religion catholique (dont en 2008 "On ne pourra jamais construire un pays de liberté avec la religion catholique"), une telle déclaration est surprenante. Elle manifeste, en effet, l'absence d'une neutralité présumée dans le cadre d'une laïcité officiellement affichée, avec en outre un appui implicite au discours des institutions islamiques les plus revendicatives, et donc indirectement à leurs demandes. Ces dernières exigent une sanction juridique pour toute exégèse historico critique de l'islam, qu'elles assimilent à une incitation à la haine, au racisme, sous le nom d'islamophobie (cf. plus de détails au §2.3). Or l'intervention du représentant de la France vise implicitement les communications de "Salut et miséricorde", et celle de l'abbé Pagès, qui justifient leur exposé par des références précises issues des livres canoniques de l'islam, références couramment enseignées aux enfants et aux adultes.

Tawfik Hamid est un américain d'origine égyptienne, ancien membre du groupe islamique radical Jamma Islamiya. Le Dr Hamid est un réformateur islamique, Senior Fellow au Potomac Institute for Policy Studies. Ce qu'il dit est en totale opposition avec la réaction du représentant de la France, visiblement peu informé de certaines réalités:

"J’admets que l’enseignement actuel prodigué dans nos écoles et dans nos mosquées crée la violence et la haine contre les non-Musulmans. Nous autres Musulmans nous avons besoin de changer notre perception du monde. A ce jour, nous acceptons la polygamie, les raclées données aux femmes par les hommes et le meurtre de ceux qui quittent notre religion, par apostasie. Nous n’avons jamais eu de principes affirmés et clairs contre l’esclavage ou les guerres, contre le prosélytisme et la conversion forcée à l’Islam des non croyants, contre la taxe obligatoire de ceux qui se soumettent à notre religion (jizia). Nous demandons sans cesse aux autres de respecter notre religion, alors qu’en permanence nous maudissons à haute voix les non Musulmans, lors de nos prières le vendredi à la mosquée. […].

Nous, Musulmans, nous devons reconnaître nos problèmes pour y faire face. C’est à cette condition là que nous pourrons commencer une nouvelle époque, en harmonie avec le monde entier. Nos dirigeants religieux doivent s’opposer clairement et fermement à la polygamie, la pédophilie, l’esclavage, le meurtre de ceux qui quittent l’Islam, ils doivent condamner les hommes qui frappent leur femme et les Musulmans qui déclarent des guerres contre les non Musulmans pour répandre l’Islam. Alors seulement, nous pourrons avoir le droit de demander aux autres de respecter notre religion. Le temps est venu d’arrêter notre hypocrisie et de dire ouvertement « Nous Musulmans, nous devons changer »". (LIRE).

Le représentant de la France voit-il dans cet article une attaque portée contre la religion musulmane, ou le témoignage d'un musulman courageux ?

L'aveu du Dr Hamid concernant l'enseignement prodigué dans les écoles et mosquées (dont parle la communication de "Salut et miséricorde") est illustré par le livre "La Voie du petit musulman" (Editions Essalam/Safir, Paris, en plusieurs volumes) destiné à la formation religieuse des enfants. Il est ainsi présenté par l’éditeur : "Ces livres présentent, d’une manière pédagogique, simple, complète et progressive, la connaissance de base de l’islam que doit acquérir l’enfant dans les domaines de la foi, la pratique de l’islam, la morale et la vie du prophète. Ce programme d’enseignement, conçu par des pédagogues, est conforme aux plus importantes références religieuses". La page 46 du tome 5 est intitulée "Le musulman est un combattant" suivi de "Le combat est une obligation pour tout musulman" justifié par la citation du verset 111 de la sourate 9 "Dieu a acheté aux croyants leurs personnes et leurs biens pour leur donner le Paradis en échange. Ils combattent dans le chemin de Dieu: ils tuent et sont tués". L'illustration en bas de page représente un cavalier sabre en main chargeant l'ennemi. La page 47 est illustrée par l'image des deux enfants qui ont tué Abou Jahl (l'opposant quoraïch de Mahomet) enfonçant leur sabre dans sa gorge pendant la bataille de Badr. La page 35 est consacrée au massacre de 600 à 900 juifs médinois des Banu Qurayzah, les femmes et les enfants étant réduits en esclavage. Elle se termine par: "C'est ainsi que Médine fut définitivement nettoyée des juifs qui menaçaient les musulmans, complotaient contre la vie du Prophète, et tentaient de porter atteinte à la religion de Dieu" (PLUS).

Pour l'équivalent dans l'enseignement aux enfants en Grande Bretagne, lire "Muslims pupils learn to cut off hands of thieves".

-2.2 Ce que disent des intellectuels musulmans

Dans le passé, des intellectuels musulmans courageux ont été amenés à dénoncer la sacralisation de la violence engendrée par de nombreux passages des livres canoniques de l'islam (Coran, Hadiths, Sirah).

Ali Abd al-Raziq défendait l'idée que l'islam doit être un message uniquement spirituel et moral. Il mettait en cause la notion d'état musulman via une analyse radicale, véritable appel à la laïcité, ce qui l'a conduit à finir sa vie au ban de la société. Plus tard, suivant la même voie, le soudanais Mahmoud Mohamed Taha, de formation soufie, a bien essayé en 1967 de plaider l'abandon de pans entiers du Coran, générateurs de violence sacrée. En effet, inversant la règle de la "doctrine de l'abrogation", il considérait "abrogée" toute la partie du Coran révélée à Médine, dans la mesure où elle apporte des règlements particuliers outrepassant le message général de la période mecquoise dont les versets non violents, les premiers dans l'ordre chronologique, sont considérés comme abrogés par la théologie musulmane. Considéré comme apostat envers la parole de Dieu, il a été exécuté par pendaison.

Le professeur d'études islamiques Nasr Hamid Abu Zayd', l'un des théologiens libéraux les plus connus, a cherché à interpréter le Coran par une herméneutique humaniste. Il souffrit de persécution religieuse pour ses opinions sur le Coran. Sous la menace de mort de groupes fondamentalistes, il s'enfuit en Hollande, où il réside depuis.

Farag Foda est un écrivain égyptien, défenseur des doits de l'homme, assassiné le 8 juin 1992. Avant son assassinat, Farag Foda avait été déclaré apostat et ennemi de l'islam. Un savant d'Al-Azhar, Mohammed al-Ghazali, témoignant devant le tribunal jugeant les assassins, a déclaré qu'il était juste de tuer un ennemi de l'islam : "L'assassinat de Farag Foda est en fait l'application de la sanction contre un apostat" (VOIR).

Plus récemment, Abdennour Bidar, professeur de philosophie à Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes) a publié deux articles "Merah, un monstre issu de la maladie de l’islam" (tribune sur le site du Monde du 23/03/2012), et "La lapidation, preuve extrême de la logique de violence de l'islam" (Le Monde 30/08/2010). De même l'intellectuel musulman Abdelwahab Meddeb, auteur de "La maladie de l’islam" (Paris, Seuil, 2002, coll. "La couleur des idées"), a mis en relief la nécessité d'un débat et d'une analyse des textes violents de l'Islam. Dans un entretien avec Chiara Penzo (VOIR), il dit "il n'y a pas une seule et unique doctrine islamique, mais des textes qui méritent un débat et une analyse. Le monde musulman aurait besoin de se confronter à une effervescence intellectuelle". Une étude intéressante sur la sacralisation de la violence est donnée dans l'article "L’islam et la sanctification de la violence" (CF.).

En Grande Bretagne, le Sheikh Dr Muhammad Al-Hussaini condamne dans les termes les plus fermes les persécutions antichrétiennes. Il va même jusqu'à dénoncer le silence de la plupart des responsables chrétiens sur ces exactions afin de ménager la susceptibilité des musulmans (CF.).

- 2.3 L'ambiguïté du terme "islamophobie".

Les institutions islamiques ont réussi à imprégner le public de l'idée que toute critique de la religion est un acte de haine raciste dirigé contre les musulmans, source de danger pour l'Oumma (la communauté), donc pour l'ensemble de la société. Cette critique est qualifiée d'islamophobie. Or le Haut Conseil à l'intégration, fondé par Michel Rocard s'est prononcé à ce sujet dans son rapport de décembre 2005 (LIRE), où il a rappelé unanimement trois points importants, que semble ignorer le représentant de la France auprès de l'OSCE :

       - En République, la critique de la religion, comme de toute opinion, est libre et constitutionnellement garantie.

       - Elle ne saurait être assimilée au racisme et à la xénophobie, que les membres du Haut Conseil à l'Intégration combattent activement.

     - La pratique de la religion étant libre, l'islamophobie, c'est-à-dire la peur ou la détestation de la religion islamique, ne relève pas du racisme.

Ce n'est pas le point de vue de Kamel Meziti (LIRE), ancien Directeur de l’Aumônerie de la Marine Nationale, historien, auteur du "Dictionnaire de l'islamophobie" (Ed. Bayard Jeunesse, Paris, 2013), et conférencier impliqué dans la promotion de la citoyenneté et du vivre-ensemble. Cet auteur est le Secrétaire général du"Groupe de Recherche islamo-chrétien". Il a participé au livre "Rites : Fêtes et célébrations de l'humanitéhttp://ir-fr.amazon-adsystem.com/e/ir?t=lescahdelisl-21&l=as2&o=8&a=2227483326(Bayard, 2012), et a publié, avec N. Senèze et P. Haddad " Les fêtes de Dieu Yahweh, Allah" aux Éditions Bayard (2011). Son discours, qui a le support du groupe de presse catholique Bayard, est bien différent de celui des réformateurs musulmans cités dans les paragraphes 2.1 et 2.2 ci-dessus.

- 2.4 L'Organisation de la Coopération Islamique: islamophobie et liberté d'expression

Il est intéressant de noter que l'Organisation de la Coopération Islamique (OCI), basée en Arabie saoudite et regroupant 57 pays musulmans, demande aux états d'inscrire dans le droit national et international une interdiction mondiale de tout examen critique de l'islam et de la charia. Cette opération est appelée "Processus d'Istanbul". Le chapitre "Les affaires juridiques" du document "Résolutions de la 38èmesession du Conseil des Ministres des Affaires Étrangères de l’OCI" (28-30 juin 2011 au Kasakhstan) est très clair sur l'objectif visé (LIRE). Cette résolution s'appuie sur la "Déclaration des droits de l’Homme en Islam", adoptée au Caire le 5 août 1990 par l'Organisation de la conférence islamique, qui est une relecture (compatible avec la charia) de la "Déclaration universelle des droits de l'homme", faite le 10 décembre 1948. Cette relecture s'est notamment traduite par une forte imprégnation religieuse et une omission de certains droits présents dans la déclaration originale, comme la liberté de choisir et de changer de religion.

Dans le chapitre "Les affaires juridiques" du texte des résolutions de l'OCI de juin 2011, on peut lire page 1 " Conscient du caractère universel et intégral des valeurs islamiques en matière de Droits de l’Homme, de la place privilégiée que l’Islam accorde à l’homme en tant que vicaire de Dieu sur terre, et partant, de l’importance considérable que la pensée islamique accorde à la promotion, à l’encouragement et au respect des Droits de l’Homme".

Page 3, les points 8, 9, et 10 ne laissent aucun doute sur la volonté de l'OCI d'imposer des limites à la liberté de parole et d'expression sur l'islam:

"- 8 Constate avec beaucoup d'inquiétude l’amplification des actes de haine contre l’Islam dans les pays occidentaux. Insiste sur la responsabilité de ces pays qui doivent garantir le respect total dû à l’Islam et à toutes les religions révélées, bannir l’utilisation de la liberté d’expression et de presse comme prétexte pour diffamer les religions et appelle à s’abstenir d’imposer des restrictions, sous quelque forme que ce soit, sur les libertés et les droits culturels et religieux.

- 9 Dénonce les campagnes de désinformation et de falsification menées par certains milieux dans les États non membres quant au prétendu mauvais traitement réservé aux communautés et minorités non musulmanes dans les États membres de l’Organisation de la Conférence islamique et ce, en brandissant le slogan des libertés religieuses et autres.

- 10 Souligne la nécessité d’adopter prioritairement une politique commune visant à prévenir la diffamation de l’Islam au nom de l’exercice de la liberté d’expression, en particulier à travers les medias et Internet".

En décembre 2011, la Secrétaire d'État Hillary Clinton a clôturé la conférence internationale avec l'OCI (organisée par le Département d'État) qui s'est déroulée à Washington, dans le but de mettre en œuvre des résolutions de l'ONU pour combattre "l'intolérance religieuse, les stéréotypes négatifs et la stigmatisation ". La réunion de Washington a été planifiée à Istanbul en juillet 2011, d'où le nom "Processus d'Istanbul". A cette occasion, un groupe de leaders musulmans libéraux américains a exprimé sa déception de voir la secrétaire d'État et le Département d'État offrir une plate-forme à la campagne de l'OCI (VOIR). La réunion suivante du Processus d'Istanbul s'est tenue à Bruxelles en juillet 2012, sur invitation de l'Union européenne.

Compte tenu de ses dénonciations des "violences perpétrées au nom de Dieu" contre les chrétiens, dont celle dans le cadre de la première rencontre islamo-chrétienne des leaders religieux (Rome novembre 2008), et son discours de Ratisbonne, Benoît XVI serait condamné par un tribunal, si le droit de pays occidentaux devait suivre le point 9. Quant aux points 8-10 ils conduiraient, en particulier, l'enseignement universitaire occidental sur l'islam au niveau de celui des pays musulmans. En effet ceci reviendrait à substituer l’apologétique à l’analyse critique, d'où une menace pour la tradition universitaire des écoles occidentales en général, et la tradition universitaire européenne en particulier, caractérisées par une méthodologie rigoureuse, et des recherches objectives minutieuses. Une telle situation a déjà lieu pour les chaires d'islamologie d'universités privées, et instituts associés, créés en occident via le financement des pays du Golfe. L'autre effet, immédiat celui-ci, serait l'interdiction de sites, dont celui de Notre-Dame de Kabylie, qui ne font pas l'apologie de l'islam à travers leurs dénonciations répétées des persécutions antichrétiennes.

Les demandes de l'OCI pour une remise en question du respect de la liberté d'expression ont été renouvelées dans le cadre du congrès "International Conference on Islamophobia: Law & Media" (12-13/09/2013). Cette conférence a eu lieu au Grand Hôtel Tarabya d'Istanbul. Elle était organisée par la "Direction Générale de la Presse et l'Information" du gouvernement turc, et l'OCI. Lors de cette conférence internationale, le vice-premier ministre turc (dans le gouvernement Erdogan III) Bülent Arınç a déclaré que l'islamophobie est une violation des droits de l'homme et une agression contre la dignité humaine (LIRE). A ce sujet voir AUSSI.

- 3 En guise de conclusion

Dans le dialogue avec les musulmans les mots n'ont pas le même sens pour chacune des deux parties. Ainsi :

    - Dans le monde non-musulman, les "Droits de l'Homme" se réfèrent à la "Déclaration universelle des droits de l'homme" (10 décembre 1948), qui n'a pas été signée par les états musulmans. De son côté, le monde musulman définit les "Droits de l'Homme", sur la base de "La Déclaration des droits de l’Homme en Islam", adoptée au Caire le 5 août 1990 par l'Organisation de la Conférence Islamique, devenue (juin 2011) Organisation de la Coopération Islamique (OCI, cf. § 2.4). La déclaration du Caire est une volonté de relecture des droits de l'homme dans un cadre compatible avec la Charia. Cette relecture s'est notamment traduite par une forte imprégnation religieuse et une omission de certains droits présents dans la déclaration originale, comme la liberté de choisir et de changer de religion.

    - Une autre source d'ambiguïtés réside dans le fait que les notions de "bien de l'humanité", et de "paix" n'ont pas le même sens pour les interlocuteurs du dialogue. Pour l'Islam le bien de l'humanité est un monde "dar al islam" (la maison, la terre, de l'Islam), où règne la loi de l'islam, la seule à pouvoir donner la paix au monde, le reste du monde étant "dar al Harb" (la terre de la guerre).

    - Il en est de même de la notion de "tolérance". Ainsi pour l'islam les "gens du livre" (juifs et chrétiens) sont tolérés en "dar al islam" avec un statut de citoyen de seconde zone, celui de la "dhimma" (LIRE). Sur la base de la formule coranique "Pas de contrainte en religion"(début de Cor. II, 257), souvent citée pour démontrer que l'islam est une religion tolérante par essence, la notion de "tolérance" est l'une de celles qui a donné lieu aux équivoques les plus remarquables. Avec un fragment du verset 29 de la sourate 18 : "Quiconque le veut, qu’il soit infidèle", cette formule a été énoncée pendant la période mecquoise de Mahomet, où son autorité vacillante était vivement contestée par les quoraych (WIKI), qui avaient alors le contrôle de La Mecque. Dans leur livre "Les mots de l'islam" (Presses Universitaires du Mirail, Toulouse 2004, pages 28-29), les islamologues Dominique et Marie-Thérèse Urvoy montrent que cette formule est à sens unique, i.e. il faut laisser la liberté à un non musulman d'embrasser l'islam, mais pas à un musulman d'apostasier, les deux versets cités étant d'ailleurs abrogés (pages 7-9 du livre et AUSSI). Cette question est aussi reprise par Marie-Thérèse Urvoy dans l'article "Tolérance et intolérance" du "Dictionnaire du Coran" (Robert Laffont, Collection Bouquins, septembre 2007) (LIRE). Ce dictionnaire a été publié sous la direction de Mohammad Ali Amir Moezzi, directeur adjoint du Centre d’Études des Religions du Livre, et directeur d’études à l’École Pratique des Hautes Études. 

 Cette situation d'équivocité du vocabulaire est courante dans le dialogue islamo-chrétien, avec les confusions Abraham-Ibrahim, Jésus-Issa, Marie-Maryam, etc. A ce propos le Père Jourdan a pu parler de "bal masqué" (VOIR), pour lequel les musulmans connaissent bien les nuances du vocabulaire utilisé, ce qui généralement n'est pas le cas de leurs interlocuteurs. Cette expression convient très bien pour le dialogue non religieux.

 

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