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EXPRESSION/AWAL

Ce site a été conçu dés le départ dans le but de donner la parole aux convertis venus des traditions musulmanes, qui ont forcément un point de vue différent sur la religion qu'ils ont quittée pour adhérer à Jésus Christ et à Sa Bonne Nouvelle (Èvangile signifiant cela). Toutefois les hérétiques qui s'ingénient à concilier la foi islamique et la foi chrétienne nous évitent, et nous sont même hostiles parce que nous déclarons qu'il faut abjurer l'islam pour être chrétien.

Jésus est venu pour NOUS SAUVER, nous libérer. Mais de quoi? Des ténèbres et du péché, pour faire de nous ses frères et des enfants de Dieu. Assurément la doctrine islamique s'est constituée dés le début contre la Rédemption et ne veut pas entendre parler du Dieu d'Amour. Alors disons-le à tous, car c'est là notre foi : le Christ revient dans la gloire pour juger les vivants et les morts, y compris Mahomet.

Celui qui a entendu prêcher l'Evangile et ne confesse pas que Jésus est Seigneur et Fils de Dieu n'est pas son disciple et goûtera à la colère de Dieu: c'est l'Ecriture qui le dit pas le fondateur de ce site. Quant à ceux, prêtres ou simples baptisés, qui renient le Christ devant les hommes, nous savons ce que Jésus en dit: Lc 12, 8-9

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samedi 11 décembre 2010
A propos d'un article de France Catholique. Massignon et le dialogue islamo-chrétien
Publié par Christian Mira le samedi 11 décembre 2010 / 10:24 :: 14965 Vues ::Article Rating:: Expression - Awal, Chronique des évènements du dialogue...
- 1 Réflexion sur une étrange accusation de l'article

Le 18 septembre 2010 le site "France Catholique" reproduisait un article d'Yves Floucat (professeur honoraire à la Faculté de philosophie de l'Institut Catholique de Toulouse) "Louis Massignon et le dialogue islamo-chrétien", article paru dans le magazine de même nom. L'objet caché de ce texte est une réponse à l'étude de Marie-Thérèse Urvoy "Le dialogue islamo-chrétien: du principe à la réalité", publié par la revue "Catholica" (n° 106 janvier 2010), étude reprise sur le site Notre-Dame de Kabylie.

Yves Floucat est l'auteur de l'ouvrage "Maritain ou le Catholicisme intransigeant et l'Humanisme démocratique" (Pierre-Téqui, collection « Questions disputées - saint Thomas et les thomistes »). Il est intéressant de noter que, dans l'article de "France Catholique", Jacques Keryell auteur de "Louis Massignon. La grâce de Bagdad" (Pierre Téqui, 11/2010, avec préfaces de Mgr H. Tessier et Y. Floucat) occupe une place de choix en étant défini comme "un fin connaisseur" de Massignon. Keryell a aussi participé à l'ouvrage collectif "En hommage au Père Jacques Jomier o.p." (Le Cerf, 2002). Cet hommage a été publié sous la direction de Marie-Thérèse Urvoy, qui a succédé à cet islamologue dominicain à l'Institut Catholique de Toulouse, et a été une amie très proche. Dans "Catholica, elle nous livre une remarque de Jacques Jomier souvent reprise et liée à des échanges dans le cadre de leurs travaux: "Massignon était un génie qui a reçu un coup de bambou sur la tête". Elle ajoute "Malheureusement c’est la marque du «coup reçu sur la tête» que connaît le public et qui est célébré par les gens du dialogue". Jacques Jomier était donc loin de partager l'admiration que Keryell porte à Massignon. Il est probable que cette citation et son commentaire ont été ressentis comme un véritable blasphème. En effet l'article de France Catholique est un vibrant éloge de la pensée de Louis Massignon, considéré comme "le plus important des «  prophètes du dialogue islamo-chrétien  »". Cet éloge se prolonge naturellement vers celui du dialogue islamo-chrétien tel qu'il est mené de nos jours en France, i.e. étranger à la réalité de l'islam et sans contrepartie, d'où une parfaite antinomie avec l'article de Catholica.

Tout en mentionnant son "plus grand respect" pour Marie-Thérèse Urvoy, Yves Floucat déplore "le ton inutilement et injustement polémique" qui aurait été adopté par cette islamologue. Il va même plus loin en disant "s’interroger sur ce que signifie cette véritable diatribe". A ce niveau, avec le choix du mot offensant "diatribe", réservé aux écrits violents, injurieux, et sans fondement, on ne saisit pas sa cohérence avec ce "plus grand respect" proclamé dans le texte. Sur ce point Floucat s'explique dans les termes qui suivent:

"Lorsque Lumen gentium, évoque «  les musulmans qui professent avoir la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, futur juge des hommes au dernier jour  » (c. 2, § 16), on ne peut pas ne pas penser à la méditation d’un Massignon qui l’a indéniablement inspiré. Mais pourquoi faut-il qu’aujourd’hui ces lignes soient remises injustement en cause, avec leur principal inspirateur ? Le recueil "Parole donnée", ses "Trois prières d’Abraham", notamment "La prière sur Sodome", sont stigmatisés. Considéré comme un «  érudit aventurier  », dont on évoquerait «  avec bienveillance  » l’homosexualité, il se trouve même «  promu  » au statut d’une sorte de gourou à la tête d’une «  faction  » d’«  initiés  » au «  fonctionnement sectaire  » et dont les thèses ne pouvaient se constituer qu’en «  un ensemble syncrétiste  »"

Ici la "faction  d’initiés  au fonctionnement sectaire ", constituant "un ensemble syncrétiste", est celle des thuriféraires de l'actuel dialogue islamo-chrétien, dialogue que l'étude de Catholica considère étranger à la réalité de l'islam. Dans l'article de France Catholique, ces termes sont présentés en tant qu'éléments légitimant l'accusation offensante de "diatribe", sans tenir compte de la démonstration rigoureuse de la thèse de Marie-Thérèse Urvoy qui justifie leur usage. Cette démonstration est essentiellement basée sur la définition du mot "secte", et son lien avec la situation étudiée:

"Ce qui identifie une secte, en effet, c’est son fonctionnement interne spécifique, sa logique interprétative des textes et sa capacité au réemploi des données établies. Le dialogue islamo-chrétien a sa théologie, ses Ecritures, ses prophètes, ses prières et liturgies, ses pèlerinages et surtout ses média. Ses membres le défendent avec détermination, incarnant à leur façon la formule que le P. Abdeljalil appliquait, dans les années 50, à l’ensemble des musulmans: « une communauté cohérente, ombrageuse ou agressive face à tous ceux qui lui sont étrangers […]. Ils se doivent assistance et solidarité ». Malheur à celui qui ouvre les yeux et sort de cette communauté"

La dernière phrase "Malheur à celui qui ouvre les yeux et sort de cette communauté" est l'un des éléments illustratifs de la thèse de Marie-Thérèse Urvoy. Il vaut la peine de lui consacrer quelques lignes avant examen des accusations d'Yves Floucat. En effet ce point contribue à identifier les réactions ombrageuses des disciples de Massignon, en présence d'une contestation de certains de leurs "dogmes". Dans le cas présent il s'agit du père François Jourdan, prêtre eudiste, islamologue, docteur en théologie, en histoire des religions et en anthropologie religieuse. François Jourdan a enseigné la mystique islamique à l'Institut Pontifical d'Etudes Arabes et islamiques de Rome (1994-1998), à l'Institut Catholique de Paris, et à l'Ecole Cathédrale. Il fut délégué du diocèse de Paris pour les relations avec l'islam. En mettant en cause l'assertion "chrétiens et musulmans ont le même Dieu" dans son livre "Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans. Des repères pour comprendre" (L'œuvre, 2008, préfacé par Rémi Brague), pour la "secte" François Jourdan est devenu un traître. Son livre a été alors l'objet de violentes attaques dans "La Croix" du 7 février 2008 (page 13), sur le site du "Groupe de recherches islamo-chrétien" (GRIC), et dans la revue Islamochristiana (n° 34, Rome, 2008, p. 309-311) par le Père Blanc Etienne Renaud. Celui-ci reproche en particulier à François Jourdan l'absence d'un minimum de sympathie pour l'islam. Il ajoute qu'il faut reconnaître dans le Coran "la trace d'une expérience spirituelle très profonde faite par Mohammed" (page 310, ligne 14 à partir du bas). Le Père Etienne Renaud, qui se présente comme missionnaire, va d'ailleurs plus loin sur son site "Jeter des ponts" lorsqu'il parle de son action au Yemen, qui n'est pas l'évangélisation des musulmans, mais d' "éveiller les paroissiens aux valeurs spirituelles de l'islam". A propos de François Jourdan, une note de l'article de Catholica résume la situation en disant que "de comptes rendus désapprobateurs en critiques infâmantes, il finit par être expatrié aux Philippines, à 60 km de Manille". En effet les supérieurs du Père Jourdan ont jugé bon de le nommer en brousse au sud de Manille. Etrangement cette "nomination" a coïncidé avec le succès de son livre.

Revenons maintenant à l'article de France Catholique. Sur la base de la définition de "secte", Marie-Thérèse Urvoy justifie l'association de ce terme aux disciples de Louis Massignon, en particulier ceux impliqués dans le dialogue islamo-chrétien officiel (le Service des Relations avec l'Islam dépend de la Conférence des Evêques de France). Elle le fait en analysant "leur théologie", "leurs écritures", "leurs prophètes", "leurs prières", "leurs pèlerinages", "leurs médias", titres de paragraphes de son article. Il est alors raisonnable d'attendre qu'Yves Floucat montre que:

- soit la définition de "secte" ainsi donnée n'a pas de sens dans le contexte de l'article,

- soit, si elle a un sens, en quoi les arguments exposés dans l'étude de Catholica, sont inexacts.

Or ce n'est pas le cas. Venant d'un ancien professeur à la Faculté de philosophie de l'Institut Catholique de Toulouse, une telle absence de rigueur surprend. En effet la perception d'un "ton inutilement polémique" est subjective, et fonction de la personne qui reçoit l'information. L'adjectif "polémique" est généralement réservé à des écrits pour lesquels l'argumentation fait place à des attaques gratuites. Mais lorsque l'adverbe "injustement" est ajouté à "polémique" on se demande si Yves Floucat a bien lu l'article. Quant à "diatribe", utilisé ici sans aucune amorce de "démontage" de l'argumentation de Marie-Thérèse Urvoy, le mot est insultant.

L'étude de Catholica est un exposé rigoureux sur une situation, pour laquelle une condition nécessaire (au sens mathématique) dans le traitement du sujet est une bonne connaissance de l'islam, connaissance se situant pour Marie-Thérèse Urvoy à un niveau internationalement reconnu. En lien direct avec cette condition, l'article fait une remarque de simple bon sens en disant: "on n’est jamais seul à dialoguer et la question est de savoir si les partenaires des chrétiens ont, du dialogue, la même conception qu’eux". L'intervention récente de Mgr Antoine Beylouni, archevêque libanais d’Antioche, au Synode des évêques du Moyen Orient, montre que ce n'est pas le cas. En effet Mgr Antoine Beylouni dit clairement: "Le Coran inculque au Musulman la fierté d’avoir la seule religion vraie et complète… C’est pourquoi il vient au dialogue avec cette supériorité et avec l’assurance d’être victorieux. … Le Coran permet au musulman de cacher la vérité au chrétien et de parler et agir contrairement à ce qu'il pense et croit". Après avoir parlé des versets abrogés et abrogeant, des versets prônant la violence sacrée, il ajoute: "Devant tous ces interdits et d’autres semblables faut-il supprimer le dialogue? Non, certainement pas. Mais il faut choisir les thèmes abordables et des interlocuteurs chrétiens capables et bien formés, courageux et pieux, sages et prudents ... qui disent la vérité avec clarté et conviction". Cette prudence rejoint la position de Benoît XVI relative au dialogue avec les musulmans. Loin devant les questions théologiques, les aspects pratiques sont les plus importants, tels que: commandements de la loi naturelle, nécessité de ne pas se servir du nom de Dieu pour se livrer à la violence, reconnaissance de la parité entre homme et femme, égalités des droits pour les non musulmans vivant en terre d'islam, liberté religieuse, droit de changer de religion. Le dialogue interreligieux n'est pas désavoué, il est simplement replacé dans le cadre de ses aspects prioritaires, sur la base d'une approche réaliste et objective des questions que ce dialogue implique. Comme lors de la leçon de Ratisbonne, la référence du Pape est un "dialogue des cultures" orienté vers les répercussions culturelles, et éthiques, résultantes pour les différentes religions.

Tout en contraste, l'article de France Catholique est un fervent éloge de Louis Massignon, de ses disciples, et de l'approche du dialogue mené actuellement au sein de l'Eglise de France. Sa réponse aux arguments ("vérité avec clarté et conviction" selon le critère de Mgr Antoine Beylouni) de Marie-Thérèse Urvoy est l'accusation gratuite et méprisante de "diatribe", classiquement utilisée pour des écrits violents, et sans aucun fondement. On est perplexe, lorsque cette accusation se veut formulée avec le "plus grand respect" (?) pour la personne visée.

Il n'est pas exclu qu'Yves Floucat ait lui-même un très bon niveau de compétence en islamologie, lui permettant de justifier son jugement. Alors pourquoi, en tant que philosophe thomiste, ne le fait-il pas? Des jugements sévères sur des auteurs sont admissibles à condition de prouver une convenance entre sévérité et vérité. Marie-Thérèse Urvoy le fait dans son étude, en justifiant ses jugements avec des éléments et des considérations vérifiables par des citations, et non uniquement sur la base de mots à perception subjective et négative, comme le fait l'article de France Catholique.

- 2 Conclusion: théologies issues de la pensée de Massignon. Exemple d'application vers les convertis, et les chrétiens persécutés

L'article d'Yves Floucat conduit à réfléchir sur les théologies issues de la pensée de Massignon, sur une conception commune de l'évangélisation qu'elles inspirent, ainsi que sur une perception partagée concernant les convertis issus de l'islam et les persécutions antichrétiennes en terre d'islam. Le paragraphe 16 de la lettre encyclique "Pascendi Dominici Gregis" (8 septembre 1907) de Saint Pie X annonçait ces nouvelles théologies du dialogue islamo-chrétien officiel, basée sur la pensée de Louis Massignon, auteur que Pie XI qualifiait de "catholique-musulman" (cette expression étant interprétée maintenant par les disciples du dialogue actuel comme une "boutade affectueuse"). Le paragraphe 16 est très clair sur ce point:

"…. Or, de quel droit les modernistes dénieraient-ils la vérité aux expériences religieuses qui se font, par exemple, dans la religion mahométane? Et en vertu de quel principe attribueraient-ils aux seuls catholiques le monopole des expériences vraies? Ils s'en gardent bien: les uns d'une façon voilée, les autres ouvertement, ils tiennent pour vraies toutes les religions".

En outre, en tant que philosophe thomiste, Yves Floucat ne méconnait certainement pas le jugement sévère de Saint Thomas d'Aquin sur Mahomet dans "La Somme Contre les Gentils" (chapitre 6 du Livre Premier, Deo de Deo), ainsi que sa conclusion:

           "C'est donc chose évidente que ceux qui ajoutent foi à sa parole, croient à la légère".

Il serait intéressant de voir comment ce philosophe envisage une compatibilité entre ce texte de Saint Thomas d'Aquin et ce que disent les théologiens disciples du "plus important des «prophètes du dialogue islamo-chrétien»" (à moins qu'ils considèrent sans valeur "La Somme Contre les Gentils"?). Pour fixer les idées, ci-dessous quelques unes des affirmations de ces théologiens.

- Père Blanc Etienne Renaud qui reconnaît dans le Coran "la trace d'une expérience spirituelle très profonde faite par Mohammed" (cf. ci-dessus).

- Père Gilles Couvreur, responsable du Secrétariat pour les Relations avec l'Islam (SRI, dépendant de l'épiscopat de France) jusqu'en 1997: "Il faudra reconnaître la parité des Révélations, la parole divine étant essentiellement une, elle revêt des formes différentes dans le Christianisme avec Jésus-Christ, Verbe divin, et dans l'Islam avec le Coran, Parole divine. … L'Islam est une Révélation originale, qui continue la Révélation primordiale de Dieu à l'humanité, sous une forme parfaitement adaptée aux conditions cycliques présentes" (pages 25-26 du document de l'enseignement de missiologie, à la Faculté de théologie de l'Université Catholique de Lyon, "Mission et dialogue interreligieux", écrit en collaboration avec Jean-Marie Aubert).

- Père Jacques Dupuis, jésuite belge, professeur à l'Université Grégorienne du Vatican, qui célèbre "l'autorévélation divine du prophète Mohammed", dans son livre, paru en 1997 aux Éditions du Cerf, sous le titre significatif: "Vers une théologie chrétienne du pluralisme religieux". Concernant ce livre, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a rédigé une "Notification" destinée à "sauvegarder la doctrine de la foi catholique d’erreurs, d’ambiguïtés ou d’interprétations dangereuses", approuvée par Jean-Paul II le 19 janvier 2000.

- Christian Salenson dans son livre "Christian de Chergé. Une théologie de l'espérance" (Ed. Bayard, 2009), sur le prieur du monastère de Tibhirine. Page 99 on peut lire: "Dès lors que l'islam est considéré comme venant de Dieu, rien ne s'oppose à ce qu'un chrétien le mêle à son expérience spirituelle. C'est ainsi que le père de Chergé faisait sa lectio divina dans la Bible et dans le Coran, pratiquant entre les deux livres l'intertextualité. …. Il les commente l'un par l'autre! Il n'oppose pas les textes, faisant valoir l'un par opposition à l'autre. … Il les fait jouer l'un sur l'autre, si bien que l'un sert à la compréhension de l'autre et réciproquement". La page 126 rapporte cette affirmation de Christian de Chergé: "Je suis sûr que le Christ du Coran a quelque chose à voir avec celui de notre foi". Page 127 on lit que le Fils est "le seul vrai musulman", car il n'a été que oui à la volonté du Père. Plus de détails sont donnés dans le livre même, et dans l'excellente recension faite par Annie Laurent dans le n° 110 (décembre 2009) de la revue "Sedes Sapientiae".

Ces nouvelles théologies, que l'on peut regrouper pour simplifier sous le terme "islamo-chrétiennes", se traduisent par un refus d'évangéliser les musulmans. Plusieurs convertis issus de l'islam m'ont parlé des douloureux rejets qu'ils ont subis. Mohammed-Christophe (Muhend-Christophe en Kabyle) Bilek, le fondateur du site Notre-Dame de Kabylie l'écrit dans la rubrique Objectifs: "Mais que dire alors de certains, a priori chrétiens, placés, qui plus est, dans des positions charnières, c’est à dire en situation d’avoir à accueillir des postulants, qui non seulement renâclent à le faire, mais, pire encore, dissuadent ou tentent de le faire par des discours qui entretiennent une insidieuse confusion?". Dans un autre article il donne ce témoignage concernant un converti actuellement séminariste: "J’ai entendu ce frère de Kabylie qui, si Dieu aidant, sera un consacré dans quelques années, me rapporter que tel père blanc, d’origine anglophone toutefois, - ce qui est inquiétant car cela prouverait que c’est tout l’ordre qui est atteint dans ses fondations - a eu ces propos insultants quasiment à son égard, à Tizi-Ouzou, dans son propre pays : « Tu n’as pas honte d’avoir renié la foi de tes ancêtres ? ». Et quand des exemples de ce non accueil, entre marque de mépris et indifférence, se comptent par dizaines ….".

En fait les convertis issus de l'islam sont considérés par les disciples de Massignon comme un obstacle au dialogue islamo-chrétien, surtout quand, en exposant leur témoignage, ils refusent la discrétion malgré les risques qu'ils courent. L'apostasie étant le plus grand crime pour l'islam, il est évident que les interlocuteurs musulmans du dialogue refuseraient tout contact avec les complices d'un tel crime, que sont les prêtres partisans de l'évangélisation, accueillant ces convertis, et a fortiori ayant baptisé l'un d'eux. Les chrétiens persécutés dans les pays musulmans sont aussi une véritable "épine dans le pied" des disciples de Massignon. Une étude de Notre-Dame de Kabylie montre la réticence de ces disciples à parler de cette terrible tragédie.

Dans l'un de ses articles, intitulé "Les victimes de l’islamisme, phénomènes de librairie", le journal "La Croix" regrette l'intérêt dont ces victimes sont maintenant l'objet en écrivant: "Manifestement, aucun des éditeurs de ces ouvrages n’a le sentiment de contribuer à cette «stigmatisation» de l’islam dont se plaignent de nombreux musulmans". Faut-il donc cacher les persécutions des chrétiens, situées essentiellement dans les pays à majorité musulmane? Plus particulièrement dans ces pays, les convertis issus de l'islam sont devenus de véritables martyrs de la foi. C'est le cas de l'irakien Joseph Fadelle, qui conteste d'ailleurs l'opposition islam vs islamisme, implicite dans le titre de l'article de La Croixen disant: "Il n'y a pas de différence, il y a un seul Coran, et donc un seul islam", affirmation qui ne peut que le rendre encore plus antipathique aux yeux des disciples de Massignon. Avec son livre "Le prix à payer" (L'œuvre, mai 2010), cet irakien, héritier de l'une des plus grandes familles chiites qui remonte à Mahomet, est l'auteur d'un magnifique et émouvant témoignage de foi chrétienne. Son succès est sans précédent. Prévu initialement (mai 2010) pour un tirage de 500 exemplaires, en septembre il dépassait 20000 exemplaires. Les droits du livre ont déjà été vendus aux USA, en Grande-Bretagne, en Australie, en Espagne, en Italie, en Slovénie. Une analyse est accessible sur le site "Vingt mille lieues sous les livres".

Le plus navrant dans l'article de La Croix est un passage insultant pour les convertis issus de l'islam. On y lit: "Quant aux témoignages donnés en public, que ce soit sous forme de conférence ou dans un groupe de prière, qui font de celui «qui a eu une expérience forte une vedette», Jean-Marie Gaudeul y voit « un risque énorme pour sa sincérité ». « Si le Seigneur s’est révélé à certains d’entre eux, affirme-t-il, ce n’est pas pour attirer la haine contre les musulmans mais pour révéler son amour pour le monde entier »".

En tant qu'apostat, le "risque énorme" est surtout pour leur vie. Comment peut-on mettre en doute la sincérité des ces convertis, quand leur témoignage se fait justement au risque de leur vie? Ceci sachant que tout musulman qui agirait selon le hadith de Sahih al-Bukhari [Volume 6, livre 61, Numéro 577, l'un des cinq recueils jugés "authentiques" (sahih), et de plus considéré "excellent" avec le recueil "Muslim"] serait convaincu d'avoir accompli un acte pieux. En effet ce hadith dit clairement: "J’ai entendu le prophète dire, “à la fin des temps, apparaîtront de jeunes gens aux idées folles. Ils parleront bien, mais ils sortiront de l’islam comme une flèche sort de son jeu, leur foi ne dépassera pas leur gorge. Ainsi, partout où vous les trouvez, tuez les, il y’aura une récompense, au jour de la résurrection, pour ceux qui les tueront". Dans cet article de La Croix le Père Gaudeul (ancien président du Service des Relations avec l'Islam) confond vérité sur l'islam et "haine contre les musulmans", alors que ces musulmans, auxquels tout chrétien doit l'amour du prochain demandé par Jésus, sont considérés par les convertis comme les premières victimes de l'islam.

Dans son entretien  du 25 novembre 2010 avec la rédaction de L'Homme Nouveau, Joseph Fadelle, est très clair: "Je pense qu'il est vraiment important de distinguer avant toute chose les musulmans et l'islam". Ce qu'il dit a d'autant plus de valeur qu'il est toujours sous le coup d'une fatwa, qu'à cause de sa foi il a été torturé dans une prison irakienne, puis laissé pour mort par son oncle et ses frères venus l'exécuter en Jordanie à cause de son apostasie, ceci afin d'obéir à l'ordre d'un père qui avait pourtant beaucoup d'affection pour lui. Joseph Fadelle excuse ses bourreaux en disant "c'est la règle, l'islam les y oblige", montrant ainsi en quoi ces bourreaux sont eux-mêmes des victimes.

Commentaires
le mardi 14 décembre 2010 15:47
Comments from the following blog entry: http://catinfor.com/fr/2010/12/14/louis-massignon-madame-urvoy-et-france-catholique/

Par Yves Floucat le mercredi 15 décembre 2010 07:17
Cher Monsieur,
Frédéric Aimard m''a bien fait parvenir votre texte et je vous remercie d''avoir bien voulu le consacrer à mon article de France catholique.
De fait, vous m''apprenez que l'' "objet caché" de cet article est une réponse à l''étude de Madame Marie-Thérèse Urvoy publiée en janvier 2010 par Catholica. Je suis désolé de vous décevoir, mais les choses sont bien plus simples. Je m''intéresse depuis longtemps à la personnalité et à l''oeuvre de Louis Massignon et j''ai été l''ami de quelques uns de ses disciples : Louis Gardet tout particulièrement, mais aussi le père Anawati et le père Jomier (oui!). Jacques Keryell, qui a été un proche de Massignon, est aussi un ami très cher. C''est lui-même qui m''a demandé de préfacer la nouvelle édition de son livre Louis Masssignon. La grâce de Bagdad, ce que j''ai accepté de faire avec joie. L''article de France catholique est un extrait de cette préface qui n''a d''autre objet non dissimulé que de dire tout l''intérêt de cet ouvrage, qui relate la conversion du jeune Massignon et la haute doctrine spirituelle qui est née de la radicale transformation de tout son être. Je ne m''y prononce donc aucunement en islamologue que je ne suis pas, et encore moins sous le label d''une notoriété internationale qu''on peinerait à reconnaître au simple professeur de métaphysique (apprenti écrivain à ses heures) que j''ai essayé d''être. Je note simplement que sont nombreux les islamologues qui ne conviennent pas à Madame Urvoy, puisque même Annie Laurent, dont je doute qu''elle se considère comme disciple de Massignon, ne paraît pas trouver grâce à ses yeux.
Puisqu''il s''agissait de Massignon et que j''avais eu connaissance de l''article de mon ancienne collègue Madame Urvoy qui m''a toujours - de même que son époux - honoré de son amitié, je ne pouvais pas ne pas répondre à certains de ses propos. Mon estime et mon respect pour elle ne sont donc pas feints, mais j''estimais qu''il était de mon devoir de répliquer aux lignes qu''elle consacre à Massignon et à quelques uns de ses disciples. Ces lignes ont un ton qu''il serait difficile de ne pas trouver polémique et c''est en ce sens que je parle à leur sujet, conformément à la définition que donne de ce terme le Robert, de "diatribe". Je les trouve de plus injustes et j''ai voulu expliquer pourquoi. Je n''aime guère les critiques ad hominem et tel est bien le procédé qu''utilise Madame Urvoy lorsqu''elle fait une allusion déplaisante aux tendances homophiles de Massignon (dont on se demande bien en quoi elles disqualifieraient son oeuvre ou permettraient d''en juger) et quand elle parle de lui comme d''un chef de "secte" ayant ses "initiés", responsable au surplus d''un syncrétisme désastreux. Or, il se trouve qu''ayant connu, comme je vous l''ai dit, quelques uns de ces prétendus "initiés", je puis affirmer qu''ils n''avaient aucun comportement sectaire. Vous attribuez du reste l''influence de Massignon à des personnalités du dialogue islamo-chrétien dont je ne connais pas les travaux mais dont je doute fort que Massignon se serait reconnu dans l''intégralité de leurs écrits... Cette liberté et cette diversité dans les appréciations des uns et des autres prouvent en tout cas, s''il était besoin, que ceux qui se réclament de Massignon, s''ils l''ont considéré comme un maître, ne l''ont jamais regardé comme une sorte de gourou avec lequel on serait toujours d''accord. Contrairement à ce que prétend Madame Urvoy en s''appuyant sur une de ses boutades dont il était friand, et qui pourrait s''appliquer au demeurant à nombre de génies ou même de saints, le père Jomier admirait Louis Massignon et s''inscrivait comme un libre disciple (c''est à dire un vrai disciple) dans la ligne de son oeuvre. Nombre de lettres qu''il a envoyées à Jacques Keryell, me disait récemment ce dernier, en témoignent. M. Keryell m''a même confié le texte de l''une d''entre elles particulièrement élogieuse pour la première édition de son livre aujourd''hui réédité.
J''ajoute que je ne suis pas le seul à avoir trouvé quelque exagération dans le ton utilisé par Madame Urvoy. En effet, Jean Sarochi l''a souligné également dans une recension qu''il a faite - dans la même revue Catholica (automne 2010 - du grand livre de Jacques Keryell consacré à Mary Kahîl (Geuthner, 2010). Comme vous le savez, c''est avec cette amie égyptienne que Louis Massignon a fondé la Badaliya. Jacques Keryell est un des derniers membres vivants ayant connu les fondateurs de cette association et je ne doute pas que vous serez intéressé de savoir que les éditions du Cerf publient dans les jours prochains, sous la responsabilité du père Maurice Borrmans et de Madame Françoise Jacquin, les nombreuses lettres que Massignon a écrites pour les membres de la Badaliya pendant une quinzaine d''années. On y percevra mieux encore, je l''espère, quelles étaient la personnalité de Massignon et la hauteur de sa vision religieuse. C''est à l''aune de cette vie mystique (en un sens sanjuaniste) qu''il faut juger de l''oeuvre et des actes de Massignon accomplis au service du dialogue entre musulmans et chrétiens. Ce dialogue, je le crois (et vous aussi je n''en doute pas) plus que jamais nécessaire alors que nombre de nos frères chrétiens (en Iraq particulièrement) sont martyrisés. Il ne suppose - et ne supposait chez Massignon - aucune complaisance de type syncrétiste, mais une exigence de vérité et de charité conjuguées.
Il me semble que c''est bien encore dans ce sens qu''il faut lire ce passage de la dernière Exhortation apostolique du pape Benoît XVI Verbum Domini (§ 118), que vous devez connaître:
"Parmi les différentes religions, l’Église regarde « aussi avec estime les Musulmans, qui adorent le Dieu un » (Cf. CONC. OECUM. VAT. II, Déclaration sur les relations de l’Église avec les religions non-chrétiennes Nostra aetate, n. 3). Ces derniers se réfèrent à Abraham et rendent un culte à Dieu surtout par la prière, l’aumône et le jeûne. Nous reconnaissons que dans la tradition de l’islam sont présents de nombreuses figures, des symboles et des thèmes bibliques. Dans la continuité de l’oeuvre importante du Vénérable Jean-Paul II, je souhaite que les rapports inspirés par la confiance, qui se sont instaurés depuis plusieurs années entre Chrétiens et Musulmans, se poursuivent et se développent dans un esprit de dialogue sincère et respectueux (Cf. BENOÎT XVI, Discours aux Ambassadeurs des Pays à majorité musulmane accrédités auprès du Saint-Siège et à quelques représentantsde la communauté musulmane en Italie (25 septembre 2006) :AAS 98 (2006), pp. 704-706 La DC n. 2366, pp. 884-885). Dans ce dialogue,le Synode a exprimé le souhait que puissent être approfondis le thème du respect de la vie en tant que valeur fondamentale, et celui des droits inaliénables de l’homme et de la femme et de leur égale dignité. En tenant compte de la problématique importante de la distinction entre l’ordre sociopolitique et l’ordre religieux, les religions doivent apporter leur contribution au bien commun. Le Synode demande aux Conférences épiscopales, là où cela apparaît opportun et profitable, de favoriser des rencontres pour que Chrétiens et Musulmans se connaissent mutuellement afin de promouvoir les valeurs dont la société a besoin pour une coexistence pacifique et positive."
Pardonnez ce trop long bavardage du thomiste que je suis en effet et qui, n''oubliant rien du Contra gentiles, se refuse à le lire sans un minimum de sens historique. Soyez assuré, cher Monsieur, de mes sentiments les meilleurs.
Yves Floucat

Par Christian Mira le vendredi 17 décembre 2010 18:18
Une réponse à cette lettre est donnée dans le "Forum/Commentaires" de Notre-Dame de Kabylie dans la rubrique "Chrétien". On accès à cette réponse via le lien
http://www.notredamedekabylie.net/FORUM/tabid/60/forumid/1/threadid/521/scope/posts/Default.aspx

par Notre Dame de Kabylie le vendredi 30 mai 2014 13:26
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