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EXPRESSION/AWAL

Ce site a été conçu dés le départ dans le but de donner la parole aux convertis venus des traditions musulmanes, qui ont forcément un point de vue différent sur la religion qu'ils ont quittée pour adhérer à Jésus Christ et à Sa Bonne Nouvelle (Èvangile signifiant cela). Toutefois les hérétiques qui s'ingénient à concilier la foi islamique et la foi chrétienne nous évitent, et nous sont même hostiles parce que nous déclarons qu'il faut abjurer l'islam pour être chrétien.

Jésus est venu pour NOUS SAUVER, nous libérer. Mais de quoi? Des ténèbres et du péché, pour faire de nous ses frères et des enfants de Dieu. Assurément la doctrine islamique s'est constituée dés le début contre la Rédemption et ne veut pas entendre parler du Dieu d'Amour. Alors disons-le à tous, car c'est là notre foi : le Christ revient dans la gloire pour juger les vivants et les morts, y compris Mahomet.

Celui qui a entendu prêcher l'Evangile et ne confesse pas que Jésus est Seigneur et Fils de Dieu n'est pas son disciple et goûtera à la colère de Dieu: c'est l'Ecriture qui le dit pas le fondateur de ce site. Quant à ceux, prêtres ou simples baptisés, qui renient le Christ devant les hommes, nous savons ce que Jésus en dit: Lc 12, 8-9

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vendredi 10 juin 2016
CHRÉTIENS PERSECUTÉS, CHRÉTIENS ISSUS DE L'ISLAM : LE MÊME DESARROI
Publié par Christian Mira le vendredi 10 juin 2016 / 04:30 :: 3372 Vues ::Article Rating:: Expression - Awal

- 3.2. Points 252 et 253 de Evangelii gaudium, et les déclarations qui ont suivi

Les points 252 et 253 de l’exhortation apostolique Evangelii gaudium (24/11/2013) (LIRE) apparaissent comme deuxième phase, plus explicite, de la réponse du Saint Père. Le site Notre-Dame de Kabylie a consacré une étude détaillée à ce sujet (NDK). La dernière phrase du point 253, est l'acceptation de la condition pour une reprise du dialogue, formulée par Mahmoud Abdel Gawad. Elle dit: "Face aux épisodes de fondamentalisme violent qui nous inquiètent, l’affection envers les vrais croyants de l’Islam doit nous porter à éviter d’odieuses généralisations, parce que le véritable Islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence". Avant cette phrase le Saint Père parle du devoir d'accueil des "immigrés de l’Islam qui arrivent dans nos pays", avec l'espoir d'une réciprocité dans les pays de tradition islamique : "Je prie et implore humblement ces pays pour qu’ils donnent la liberté aux chrétiens de célébrer leur culte et de vivre leur foi".

Cette dernière phrase ne peut être interprétée par les musulmans que comme un aveu de faiblesse, un acte de soumission, la notion d'éthique chez eux étant différente de celle des chrétiens. Pour les musulmans la force est une vertu divine accordée aux fidèles. Ce sujet est traité dans l'opuscule islamique "L'éthique du musulman" où, dans le chapitre "La Force" on peut lire cet extrait: "En vérité, la vertu de la force s'appuie dans l'âme du fidèle musulman sur le dogme de l'Unicité (Tawhîd) qui l'amène, comme toutes les autres vertus, à refuser les humiliations sur terre. Ceci parce qu'il est élevé par son attachement au ciel et parce qu'il peut, dans le cadre de sa Foi, former à lui seul une communauté se remémorant la Parole d'Allah ..." (FORCE). A propos de telles confusions, il est bon de rappeler que l'islamologue dominicain Jacques Jomier mettait en garde les chrétiens: "Le gros danger pour les chrétiens, au point de vue duquel je me place ici, est la paresse intellectuelle. Elle leur fait appliquer à l’islam des schémas de pensée chrétiens, ce qui les mène à le comprendre comme une sorte de christianisme". Ainsi, les musulmans ne peuvent que faire le lien entre cette phrase du point 253, et le verset  29 de la sourate 9 "Le repentir"(At-Taubah): "Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n'interdisent pas ce qu'Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité (i.e. l'Islam), parmi ceux qui ont reçu le Livre (i.e. les juifs et les chrétiens), jusqu'à ce qu'ils versent le tribut par leurs propres mains, avec une soumission volontaire, après s'être humiliés". Cette question de l'éthique du musulman, et de ses origines est traitée dans les chapitres 3-5 du livre de Marie-Thérèse Urvoy (M.T.URVOY), "Islamologie et monde islamique" (Les éditions du Cerf, 2016). Page 49, le verset 95 de la sourate IV est cité. Il traite d'un ordre hiérarchique parmi les croyants, le "combattant" étant mis au dessus du "non-combattant" par Allah, et illustre aussi le fossé entre deux conceptions de l'éthique. En contraste, Saint Louis ne put obtenir de l'Eglise, pour son frère mort dans la croisade, le titre de "martyr". terre.

La formulation de la réponse du Saint Père, dans le cadre d'une exhortation apostolique, lui donne encore plus de poids. C'est ainsi que la page du 05/12/2013 du site Zenit.org pouvait annoncer : "Une page d’incompréhensions semble tournée". Le secrétaire du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, le père Miguel Angel Ayuso Guixot, accompagné par le nonce apostolique en Égypte, a été reçu à l’Université Al-Azhar du Caire, le 3 décembre: "Ils ont été accueillis par l’adjoint du Grand imam, Abbas Shouman, par le conseiller pour le dialogue, Mahmoud Azab, et par une délégation de représentants constituée de hautes personnalités."

Le point 252 est un éloge d'une "parenté" des deux religions:

 Il ne faut jamais oublier qu’ils « professent avoir la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, futur juge des hommes au dernier jour ». Les écrits sacrés de l’Islam gardent une partie des enseignements chrétiens ; Jésus Christ et Marie sont objet de profonde vénération ; et il est admirable de voir que des jeunes et des anciens, des hommes et des femmes de l’Islam sont capables de consacrer du temps chaque jour à la prière, et de participer fidèlement à leurs rites religieux. En même temps, beaucoup d’entre eux ont la profonde conviction que leur vie, dans sa totalité, vient de Dieu et est pour lui. Ils reconnaissent aussi la nécessité de répondre à Dieu par un engagement éthique et d’agir avec miséricorde envers les plus pauvres".

Ces affirmations sont contestées par ceux (islamologues, chrétiens d'Orient, ex-musulmans baptisés) qui savent que les mêmes notions et mots, utilisés dans les deux religions, ont des sens différents. En ce qui concerne le même Dieu, Jésus, Marie, la miséricorde, le § 2 de cette étude s'est exprimé avec des références. Le plus haut niveau d'expertise sur ce sujet est fourni par le livre "La Mésentente. Dictionnaire des difficultés doctrinales du dialogue islamo-chrétien" (Les éditions du Cerf, Paris, 2014) de Dominique et Marie-Thérèse Urvoy (M.T.URVOY). Il commente les malentendus relatifs aux affirmations du point 252, dans les entrées du dictionnaire qui suivent:

- "Abraham", Ibrahim pour l'islam (pages 27-44 de "La Mésentente"), et "Alliance" (pages 45-50). Un article antérieur (janvier 2010) résumait l'essentiel:

"Le thème d’Abraham, figure fédératrice des trois religions, est théologiquement injustifiable: on ne peut confondre l’Abraham de l’Alliance et de la promesse de l’Ancien Testament et l’Abraham modèle moral et spirituel du Nouveau Testament avec l’Ibrâhîm coranique, père généalogique et ethnique des arabes islamiques, fondateur, avec son fils Ismaël, de la Kaaba à la Mecque. Pour les musulmans, il est la caution historique et génétique du prophète arabe qui élève ainsi sa prédication au rang des deux prédécesseurs, Moïse et Jésus. La nature de l’interprétation coranique des Écritures juives et chrétiennes, le jugement porté sur leurs fidèles, n’autorisent aucun lien théologique fondé avec la théologie chrétienne. […] Ces erreurs théologiques et cette confusion dans l’énoncé des textes trahissent une déficience des ecclésiastiques en matière islamique" [CATHOLICA]

- Et les entrées "Christ" (pages 87-102),  "Marie" (pages 147-152),  "Unité de Dieu" (pages 335-339), "Amour. Entre Dieu et l'homme" (pages 58-66) et "Amour du prochain" (pages 67-71).

Les points 252 et 253 ont été suivis par plusieurs déclarations particulièrement islamophiles du Saint Père. La plus marquante est celle du 30/11/2014: "Le Coran est un livre de paix, c’est un livre prophétique de paix" (VATICAN) lors de son retour d'un voyage en Turquie. Le site islamique "Oumma.com" salue ainsi cette déclaration: "C’est sur des paroles de sagesse et de vérité, s’élevant au-dessus des torrents d’outrances qui déferlent sur l’islam sans discontinuer, que le pape François a conclu son escale de trois jours en Turquie : "Le Coran est un livre de paix, c’est un livre prophétique de paix", a-t-il clamé haut et fort, en espérant que ses mots endigueront le flot incessant de calomnies et résonneront fortement, au-delà des rives du Bosphore" (OUMMA). En contraste, le pasteur Rachid, fils d'imam (cf. plus haut le § 2b) dénonce le politiquement correct des grands de ce monde, David Cameron, des présidents Obama, François Hollande, en mettant en doute leur compétence en islamologie. Ainsi, quand ils affirment que l'islam est une religion de paix, Rachid se pose cette question: "Je me demande combien de temps ils ont passé à lire le Coran et à essayer de le comprendre" (RACHID2)

Le 16 mai 2016, le journal La Croix publiait une interview du pape (LACROIXa), dont la première question était: "Dans vos discours sur l’Europe, vous évoquez les « racines » du continent, sans jamais pour autant les qualifier de chrétiennes. Vous définissez plutôt « l’identité européenne » comme « dynamique et multiculturelle ». Selon vous, l’expression de « racines chrétiennes » est inappropriée pour l’Europe ?". Le Pape répond:

"Il faut parler de racines au pluriel car il y en a tant. En ce sens, quand j’entends parler des racines chrétiennes de l’Europe, j’en redoute parfois la tonalité, qui peut être triomphaliste ou vengeresse. Cela devient alors du colonialisme. Jean-Paul II en parlait avec une tonalité tranquille. L’Europe, oui, a des racines chrétiennes. Le christianisme a pour devoir de les arroser, mais dans un esprit de service comme pour le lavement des pieds. Le devoir du christianisme pour l’Europe, c’est le service. Erich Przywara, grand maître de Romano Guardini et de Hans Urs von Balthasar, nous l’enseigne : l’apport du christianisme à une culture est celui du Christ avec le lavement des pieds, c’est-à-dire le service et le don de la vie. Ce ne doit pas être un apport colonialiste."

Dans le cadre d'une autre question, à propos de la notion de conquête, il a été amené à s'exprimer sur un certain voisinage entre l'islam et le christianisme: "L’idée de conquête est inhérente à l’âme de l’islam, il est vrai. Mais on pourrait interpréter avec la même idée de conquête la fin de l’Évangile de Matthieu, où Jésus envoie ses disciples dans toutes les nations".  Cette réponse est nettement contestée par Rémi Brague, membre de l'Institut, qui montre un contresens dans l'assimilation d'une action dont le but est la conversion des cœurs, par l'enseignement, et non par prise du pouvoir, avec les tentatives d’imposer la foi par la force, qu'il qualifie de "monstrueuses perversions" (BRAGUE).

- 3.3. Le 23/05/2016 le pape François reçoit au Vatican l'imam de l'université d'Al-Azhar

Le § 3.1 formulait les conditions posées par l'imam Ahmed al-Tayyeb d'Al-Azhar, la plus haute autorité religieuse du sunnisme, à la reprise des relations avec le Vatican. Sa visite au Vatican signifie que ces conditions sont pleinement satisfaites, illustrée avec ces brefs mots du pape "Le message, c’est cette rencontre".

Selon le communiqué du P. Federico Lombardi, porte-parole du Vatican, cet événement a été l’occasion de souligner "l’importance de cette nouvelle rencontre dans le cadre du dialogue entre l’Église catholique et l’islam". L'échange a eu lieu sur le thème "de l’engagement commun des autorités et des fidèles des grandes religions pour la paix dans le monde, le refus de la violence et du terrorisme et la situation des chrétiens dans le contexte des conflits et des tensions du Moyen-Orient et leur protection".

L'analyse de cette rencontre a été faite sur le site Atlantico, à travers une longue interview de l'historien écrivain Jean-Baptiste Noé, et du géopoliticien Alexandre del Valle, en grande partie sur la base de cette question: "En adoptant une telle politique de la main tendue à la branche sunnite de l'islam, aujourd'hui conquérante et liée à de terribles exactions dans de nombreux pays, le pape ne complique-t-il pas la situation des chrétiens d'Orient ?" (ATLANT) :

Alexandre del Valle: [...] La pseudo "amitié islamo-chrétienne" ne représente rien de solide. Elle est fondée sur une diplomatie superficielle et des déclarations de principe et non sur la moindre réciprocité ou la vérité... Il y a d'ailleurs une instance au Vatican directement liée à cela qui se décline dans chaque pays, y compris en France, à l'instar du dialogue judéo-chrétien. Mais autant le dialogue judéo-chrétien, voulu par Nostra Aetate, a débouché sur une vraie réconciliation fondée sur le respect réciproque et les échanges concrets, autant le dialogue islamo-chrétien n'a jamais été autre chose qu'un accord de dupes entre chrétiens persécutés en terre d'islam et musulmans choyés par l'Eglise en terre chrétienne. Le constat est donc celui d'une absence totale de réciprocité et de liberté religieuse mutuelle. Je ne pense pas que cela soit "mal vu" dans l'Eglise conciliaire catholique (les chrétiens-orthodoxes et les Evangéliques sont bien moins oecuméniques et naïfs) qui, comme les pouvoirs temporels en Europe, est gagné depuis des décennies par ce que j'ai nommé en 1997 "l'islamiquement correct", et ne cesse de tenter de prouver aux musulmans que l'Eglise "regrette" les Croisades et "dénonce l'islamophobie". N'oublions pas d'ailleurs la levée de bouclier et le peu de solidarité en 2006 envers le Pape Benoît XVI qui fut accusé "d'islamophobie" par les siens et qui fut très peu soutenu par les évêques et prêtres catholiques. Personnellement, je suis donc persuadé que cette rencontre s'inscrit tout à fait dans la tradition de dialogue interreligieux souhaité par le Vatican depuis une cinquantaine d'années, quitte à passer sous silence la persécution croissante des chrétientés en terre d'islam, dont la mémoire est sacrifiée en quelque sorte sur l'autel de l'oecuménisme béat et la "politique d'apaisement" d'essence capitularde.

[...]

Alexandre del Valle: Le Pape essaie d'améliorer l'entente entre musulmans et chrétiens et il semble bien moins attaché à parler des "choses qui fâchent" que son prédécesseur qui faisait primer la Vérité sur la diplomatie. François a certes condamné la violence terroriste, mais il n'a pas osé aborder la théologie musulmane sunnite anti-chrétienne comme Benoît XVI. Par ailleurs, François essaie depuis son arrivée de se rapprocher des instances musulmanes les plus raisonnables dans un souci de protection des chrétiens d'Orient, qu'il estime être les premières victimes en cas de mauvaise entente entre le monde musulman et la chrétienté. Il croit peut être sincèrement que son attitude ouverte calmera la haine antichrétienne en terre d'islam, mais rien n'est moins sûr hélas. La rencontre du 23 mai sera donc, du point de vue du Vatican, une rencontre dédiée à la lutte commune contre la violence religieuse, mais aussi à la défense des minorités menacées par l'islamisme radical. De son côté, l'imam d'Al-Azhar s'appuie sur un accord de 1989 conclu entre Al-Azhar et le Saint-Siège, base de la relance du dialogue, pour asseoir lui aussi son rayonnement international.

Hélas, je ne pense pas que l'on puisse attendre grand chose de cette rencontre très diplomatico-politique, puisque les islamistes qui s'en prennent aux chrétiens en général – et aux catholiques en particulier – sont eux-mêmes en guerre contre Abdel Fatah Al-Sissi et que, mis à part son imam aux ordres du président égyptien, Al-Azhar demeure un réservoir d'orthodoxie sunnite obscurantiste qui est très loin d'avoir entamé la "réforme" radicale de la religion qu'a appelé de ses vœux le courageux al-Sissi, bien incapable de faire bouger les lignes théologiques à lui seul. D'une certaine manière, j'ai même bien peur que la rencontre entre l'imam et le pape - pas du tout souhaitée par la plupart des juristes-théologiens d'Al-Azhar et dénoncée par les islamistes - renforce la haine des islamistes envers les chrétiens et les autorités égyptiennes accusées de "compromission" avec les "forces croisées", sachant qu'Al-Sissi a fait emprisonner et tuer de nombreux militants des Frères musulmans en guerre contre lui et ses alliés "mécréants" ou "apostats".

[...]

Jean-Baptiste Noé : Al-Azhar et son grand imam, le cheik Ahmed Al-Tayeb, ont prononcé une condamnation sans précédent contre l’EI. En février 2015, réagissant à la décapitation d’un pilote jordanien par l’EI, Al-Azhar a condamné l’EI en utilisant des mots très forts dans son communiqué : "[nous condamnons] cet acte terroriste lâche, qui nécessite la punition prévue dans le Coran pour ces agresseurs corrompus qui combattent Dieu et son prophète : la mort, la crucifixion ou l'amputation de leurs mains et de leurs pieds".

Ils ont également appelé à  "crucifier et démembrer les membres de l’EI". C’est la première fois que l’université égyptienne prononçait une condamnation aussi violente à l’égard d’un groupe terroriste musulman. Il y a donc une convergence de vue entre le Saint-Siège et Al-Azhar dans la nécessité de lutter contre Daesh et le terrorisme. De même, c’est à Al-Azhar, devant le cheik et l’ensemble des dignitaires religieux de l’université, que le président Al-Sissi a prononcé en décembre 2014 un discours particulièrement vindicatif à l’égard des fanatiques. "Nous devons changer notre religion", a-t-il notamment dit. L’Égypte est un pays essentiel dans la lutte contre l’islamisme. D’où l’importance de la rencontre entre les deux autorités.

Alexandre del Valle : Je pense effectivement qu'il va la compliquer, même sans le vouloir, sauf peut-être en Egypte où Al-Sissi veut sincèrement combattre la persécution antichrétienne. En effet, du point de vue très différent et dissident des Frères musulmans et des islamistes en général qui détestent tout ce que fait et représente le président Al-Sissi, le fait que le pape François se rapproche de l'instance sunnite la plus proche et la plus contrôlée par le Raïs égyptien, bête noire majeure des islamistes avec Vladimir Poutine et Bachar el-Assad, ne risque pas d'améliorer le sort des chrétiens et de leur pape, qui va ainsi être perçu comme "ami" du pouvoir "apostat" égyptien qui massacre les Frères musulmans... Rappelons par ailleurs que les chrétiens sont persécutés autant par des Etats islamistes, des milieux civils, des individus, que des groupes islamistes et djihadistes qui, en général, détestent tout ce qui représente l'Egypte en tant que pouvoir séculier. Le pape ne reçoit donc pas des islamistes avec qui il négocierait une protection des chrétiens, mais une instance liée au gouvernement d'Al-Sissi que les islamistes détestent plus que tout... Du point de vue de ceux qui tuent le plus de chrétiens et qui les persécutent, cela peut donc même donner peut-être une image encore plus défavorable des "croisés", qui seront accusés de soutenir le régime égyptien honni...

A la question "Le désir louable de paix peut-il ignorer les tensions confessionnelles très marquées dans certaines parties du globe, ainsi que l'histoire et les cultures différentes des populations concernés ? Ne faut-il pas y voir une forme d'aliénation culturelle, au nom d'une hypothétique culpabilité des pays de tradition chrétienne ?", Alexandre del Valle répond:

[...] Notre cher pape, plus souvent "communiquant professionnel" que théologien attaché aux propos de Vérité, à la différence de Benoît XVI, ferait bien de défendre avant tout les intérêts de son Eglise avant de faire des déclarations oecuméniques, ou d'appeler l'Europe à accueillir tous les migrants clandestins musulmans syriens ou autres sur son sol au nom d'un "multiculturalisme" béat à sens unique. Il a fait de nombreuses déclarations "amicales" sur l'islam qui pourraient bien être prises par les islamistes (qui annoncent qu'il vont "conquérir Rome" bientôt) comme une marque de faiblesse ou de renoncement pur et simple. Ses déclarations très bienveillantes envers le monde musulman sont louables si elles sont assorties de demandes de réciprocité et fondées sur une recherche de vérité et une franchise sans langue de bois, mais elles sont stériles, voire contre-productives, si elles ne sont pas payées de retour par une tolérance réciproque et par l'acceptation de la liberté religieuse en terre d'islam. Or, force est de constater que ces marques de tolérance n'ont jamais eu d'équivalent en face de la part des leaders religieux et politiques des pays musulmans. Même en Turquie, à l'époque d'Erdogan comme sous ses prédécesseurs "laïcistes" kémalistes, les gouvernements turcs successifs n'ont jamais toléré le prosélytisme chrétien ou le changement de religion pour les musulmans, puis n'ont jamais accordé aux non-musulmans (chrétiens, chiites, juifs et alévis) les mêmes droits et aides publiques que celles allouées au culte musulman sunnite. Jamais un leader égyptien, saoudien ou turc n'a osé ou même souhaité dire ce qu'a dit le pape dans l'autre sens (à savoir accepter la progression sur son sol de la religion "concurrente").

Depuis 50 ans, le dialogue islamo-chrétien est demeuré hélas un dialogue de sourds, unilatéral. Il n'a globalement et objectivement profité qu'à la partie islamique qui s'étend en Europe avec l'appui de l'Eglise elle-même (elle fut la première dans les années 1970 à donner des terrains aux Frères musulmans pour construire des mosquées). Le dialogue "islamo-chrétien" autour des tasses de thé à la menthe est fort sympathique, mais il a trop souvent servi de cache-sexe et d'alibi pour les leaders musulmans désireux d'apparaître "respectueux de la tolérance" par des belles déclarations qui ne coûtent rien. Pendant ce temps, dans le monde musulman et leurs propres pays, les persécutions légales de chrétiens et de non-musulmans en général se sont accrues, intensifiées même, du Pakistan à la Turquie, en passant par les pays du Golfe, l'Egypte, l'Irak, et le Maghreb, et ces leaders musulmans ne les condamnent pas. Ils condamnent certes les cas extrêmes d'attentats terroristes antichrétiens, mais jamais les persécutions légales basées sur la loi islamique. Ces pays qui financent tant de mosquées en Europe au nom de la tolérance, renforcent chez eux des législations condamnant les conversions au christianisme. Ces lois condamnant le prosélytisme chrétien ont été partout renforcées au nom de la loi islamique... Etonnamment, on constate même que depuis 60 ans, plus les chrétiens dialoguent avec les musulmans de façon diplomatique et sans réciprocité exigée, plus les chrétientés d'Orient sont persécutées, tuées, bafouées, brimées, etc.

Dans le cadre d'une tournée de conférences en France, invité par l’association SOS Chrétiens d’Orient, Mgr Nicodème Daoud Sharaf, ancien archevêque syriaque orthodoxe de Mossoul, aujourd’hui déplacé au Kurdistan irakien, confirme la dernière phrase d'Alexandre del Valle, soulignée ci-dessus. En effet, l'ancien archevêque syriaque s'exprime ainsi dans Christianophobie Hebdo :

"Je remercie ceux qui se préoccupent de notre sort et je sais qu’ils sont nombreux, mais nous avons parfois l’impression que rien n’est fait par ceux qui peuvent agir. Notre quotidien est misérable depuis deux ans, mais je ne veux pas vous faire pleurer. Je veux vous décrire notre situation, vous dire la vérité de notre vie. Nous ne sommes plus qu’une minorité, nous les chrétiens d’Irak, alors que nous étions les premiers sur cette terre. Nous sommes aujourd’hui en grand danger de disparition. Nous avons récemment commémoré le centenaire du génocide, mais qui agit aujourd’hui contre qui se passe, alors que nous sommes entrés dans l’ère des droits de l’homme dont on parle sans cesse ?

Vous parlez de génocide ?

Pour l’Irak, c’est un fait... Les chrétiens ont quitté la plaine de Ninive qui a toujours été leur terre, nos églises sont régulièrement détruites par l’État islamique, nos documents sont brûlés... Il y a une réelle volonté de nous faire disparaître de la carte. Je sais que de nombreuses personnes souffrent avec nous, bien sûr, mais qui pour nous protéger ? Ils veulent faire disparaître toute trace chrétienne et nous empêcher de revenir. C’est une forme de génocide bien sûr.

Vous vous sentez abandonnés ?

Totalement. Nous avons vraiment l’impression que les responsables occidentaux se fichent que nous rentrions ou non sur nos terres. Personne ne s’en préoccupe réellement parmi les grands de ce monde. Cela fait deux ans que nous appelons au secours, que nous prévenons de la disparition de tout un peuple témoin de l’Histoire... Les réactions sont bien lentes quand elles existent... Nous nous fichons des honneurs et des salutations ; nous voulons simplement avoir le droit de vivre chez nous. Toutes les communautés chiite, sunnite, kurde, ont leur terre. Nous qui sommes là depuis les origines n’en avons pas.

Que pourraient faire ces dirigeants occidentaux ?

Il faudrait une protection internationale pour que nous retrouvions nos maisons et notre terre. Nous ne pouvons plus faire confiance à personne en Irak. Beaucoup de sunnites ont trahi, le gouvernement irakien n’existe pas réellement. Comment vivre encore dans ces conditions? Nous ne pouvons combattre à armes égales, nous n’avons pas (et refusons catégoriquement) la culture du meurtre et des trafics. Sans aide et sans protection, nous disparaîtrons. Nous étions 1 600 000 en 2003, nous ne sommes plus que 300 000. Nous ne pouvons nous défendre seuls. Nous nous sentons totalement abandonnés parce que nous avons parfois l’impression que le sort des pandas importe plus que le nôtre... "

De son côté, dans Christianophobie Hebdo, le père Georges Haddad curé de Yabroud, ville du diocèse de Homs, en Syrie, répond à la question "Quelle est votre espérance aujourd’hui ?" :

"Pour la Syrie, mon espérance est grande, malgré toutes les difficultés. Pour les chrétiens de Syrie, je suis parfois plus inquiet, parce que certains commencent à penser que cette région n’a pas de place pour eux. C’est, bien sûr, faux, mais c’est une réalité difficile à gérer pour nous. C’est pour l’Europe que je suis vraiment pessimiste : l’afflux massif de musulmans accueillis sans distinction aura pour conséquence l’islamisation rapide de vos pays. Sans réaction, la conséquence est inéluctable. L’Europe deviendra musulmane dans très peu de temps."

 

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